Compte-rendu du Conseil municipal du 31 janvier

[Lundi 31 janvier, à 18 heures, s’est tenu le Conseil municipal de la Ville de Poitiers. Avant son ouverture, l’ensemble des élu·es ont observé une minute de silence à la mémoire de Clément Bourry et Daniel Lhomont, deux des trois premiers écologistes rentrés au Conseil municipal de Poitiers en 1989, récemment disparus].

 

Ouverture du Conseil Municipal par Léonore Moncond’huy

Léonore Moncond’huy ouvre ce premier Conseil municipal de l’année 2022, en espérant que celle-ci nous libère du Covid qui pèse sur chacun·e de nous depuis bientôt deux ans. Au-delà de la menace sanitaire, cette situation entraîne aussi d’importantes contraintes sociales : la rupture des liens sociaux faisant des ravages invisibles. C’est pourquoi la cohésion sociale sera, pour la municipalité, une priorité en 2022. Pour retrouver les liens qui nous manquent. Cette année 2022 s’annonce aussi démocratiquement intense. Il importe que la démocratie soit mise à l’honneur, par une participation citoyenne forte et enthousiaste mais aussi par le respect et l’apaisement dans nos débats. Au-delà de la diversité, c’est la démocratie elle-même qui est notre bien le plus précieux. Enfin, cette année verra des réalisations concrètes qui transforment notre vie et notre ville. Poitiers a notamment reçu la labellisation « Cité éducative », qui permettra de renforcer l’accompagnement à la scolarité dans le quartier des Couronneries. Ce quartier qui, en 2022, se transformera ; tout comme nous pourrons, lors de cette nouvelle année, profiter de la végétalisation de la ville, découvrir le projet de la Caserne Pont-Achard, bénéficier de « la rue aux écoles », voir l’installation de l’Assemblée citoyenne et populaire, ou encore observer les premiers travaux du Palais.




 

Présentation du 16ème Conseil communal des jeunes de la ville de Poitiers par Kentin Plinguet et Léonore Moncond’huy

Ce Conseil municipal a été l’occasion de présenter le 16ème Conseil communal des jeunes de la ville de Poitiers, dont les membres ont été élus dans tous les collèges de Poitiers, à l’EREA Anne Franck et à l’IAEM de Biard. Ce moment a non seulement permis de saluer l’engagement des jeunes dans la vie collective, mais aussi, pour ce Conseil communal, de présenter aux élu·es un ensemble de propositions. Ces dernières étaient réparties en 4 commissions : Solidarité, Sport/Culture 1, Ecologie/Nature, Sport/Culture 2. Parmi ces propositions : sensibilisation contre les discriminations et le harcèlement scolaire, organiser un festival pour et par les jeunes, création de parcs partagés intergénérationnels, ramassage ludique des déchets, spectacle pour faire découvrir les talents individuels.

 




Présentation du rapport de développement durable de la ville par Aloïs Gaborit et Théo Saget

Le changement climatique actuel démontre la nécessaire décarbonation de nos sociétés. Dans ce cadre, les collectivités sont en première ligne. Elles sont le point de départ vers des actions bas carbone et elles ont la responsabilité de protéger les habitant·es. La ville de Poitiers en a la conviction : le développement durable doit être intégré de manière pérenne aux politiques publiques. Le rapport de développement durable présenté s’inscrit dans ce contexte, et vise à devenir un véritable outil d’analyse et d’évolution stratégique des décisions publiques. Ce rapport met en avant 48 actions, organisées en 5 piliers : atténuer les effets du changement climatique ; préserver la biodiversité ; mettre en place les conditions de la participation citoyenne ; inventer de nouvelles solidarités ; soutenir une consommation locale et responsable. Ce rapport entend aussi développer l’évaluation des politiques publiques, en mettant en place des indicateurs. Il demeure en effet essentiel de rendre compte des actions menées.

 




Avis de la ville de Poitiers sur le projet d’autoroute Poitiers-Limoges, présenté par Robert Rochaud

Dans le cadre de la consultation publique lancée par l’Etat au sujet du projet d’autoroute Poitiers-Limoges, Robert Rochaud exprime l’opposition de la ville de Poitiers et rappelle les priorités en matière d’aménagement de cet axe. D’abord, la cohérence avec les impératifs de transition écologique. Les projets d’aménagements doivent s’inscrire dans nos engagements environnementaux à l’échelle nationale, et l’évaluation environnementale de ce projet est indisponible. Ensuite, la priorité donnée aux déplacements du quotidien et au désengagement des entrées de ville. La priorité, aussi, doit être donnée au transport ferroviaire, avec la modernisation de ligne TER Poitiers-Limoges. L’importance, de même, de la sécurité routière et de la qualité de vie des bourgs. La priorisation, enfin, de l’affectation de l’argent public.

 




 

Intervention sur le projet d’autoroute Poitiers-Limoges, par Clémence Pourroy et Jean-Louis Fourcaud

En complément de la délibération présentée par Robert Rochaud, Clémence Pourroy et Jean-Louis Fourcaud sont intervenus pour souligner le caractère absurde et inacceptable d’un tel projet. Absurde, car il constitue un non-sens environnemental tant au travers de l’artificialisation hors-normes et des atteintes irréversibles à la biodiversité, qu’en termes d’empreinte carbone. Devant les engagements nationaux de « zéro artificialisation nette du territoire » et de la stratégie bas carbone, et à l’heure où nous demandons aux poitevin·es de réduire l’impact de leurs déplacements, un tel projet apparaît à contretemps des enjeux climatiques. Mais ce projet est aussi inacceptable en termes de justice sociale. Il pénaliserait les personnes n’ayant pas les moyens d’accéder à un tel service ; d’autant qu’il menace d’empêcher la réalisation des aménagements nécessaires de la RN147, pour lesquelles les collectivités se sont engagées.

 

 

Présentation du rapport égalité femmes-hommes de la ville par Alexandra Duval et Stéphane Allouch

Stéphane Allouch présente le volet interne de ce rapport, et témoigne l’engagement de la ville de Poitiers en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Ce rapport, qui présentait à l’origine uniquement des informations chiffrées, a été enrichi d’un plan d’actions réparties en 4 axes : traiter et prévenir les écarts de rémunération, garantir l’égal accès des femmes et des hommes aux différents cadres d’emploi, veiller à la bonne articulation entre vie personnelle et vie professionnelle, lutter contre les violences sexuelles, sexistes, les harcèlements et les discriminations. Alexandra Duval expose le volet territorial de ce rapport, dans un contexte à la fois de libération de la parole des femmes mais aussi où un important travail reste encore à faire pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, l’invisibilisation des femmes, la charge mentale et domestique ou encore la précarité des femmes seules avec enfant. Si la société avance, donc, les institutions, elles, doivent agir pour répondre aux besoins. Le rôle de la collectivité est essentiel, que ce soit en interne comme l’a montré Stéphane Allouch, mais aussi en tant que prescriptrice et animatrice de sa ville : elle peut et doit mettre en avant les valeurs qu’elle souhaite voir se développer sur son territoire. L’équipe municipale prend donc sa part de responsabilité pour agir concrètement, avec trois priorités : faire de l’égalité femmes-hommes un enjeu partagé par toutes et tous, soutenir, associer et mettre en réseau les structures expertes du territoire, intégrer l’égalité dans l’ensemble de nos politiques publiques.

 




 

Intervention sur le rapport égalité femmes-hommes par Pierre Nenez

Ce rapport offre à la fois un regard factuel sur l’égalité femmes-hommes dans le territoire, et constitue un outil précieux pour témoigner de l’action municipale ; celle-ci devant tendre à l’exemplarité et s’employer à bousculer l’inertie et les résistances généralisées qui s’opposent au changement. Toutefois, entre un principe, qui plus est constitutionnel, et la réalité vécue par les femmes il y a un écart qui exprime tout le chemin encore à parcourir. Un écart aggravé par la crise sanitaire, laquelle a mis en lumière la précarité des métiers où les femmes sont majoritaires voire exclusives. L’égalité, en d’autres termes, ne se fera pas uniquement par les progrès de la législation. C’est une lutte de chaque instant, qui implique une action claire, visible et engagée de la municipalité.

 

 

Présentation du rapport sur les orientations budgétaires de l’année 2022 par Robert Rochaud

Ce rapport expose la situation financière de la ville et présente les engagements budgétaires, dans un contexte d’adaptation sanitaire, climatique, économique et sociale. La ville s’engage, en l’occurrence, à diriger ses investissements vers la transformation écologique et sociale, à réinterroger chacune des dépenses de fonctionnement et à continuer d’affirmer la place centrale des habitant·es dans les politiques de la ville. Sur le plan de la politique financière, la municipalité a fait le choix de stabiliser les taux de fiscalité, de mieux solliciter les financements extérieurs, de maîtriser les dépenses de fonctionnement, de préserver une épargne pour financer les investissements, et de maîtriser le recourt à l’emprunt. Pour l’année 2022, l’épargne brut devrait s’élever à 11 millions d’euros, supérieure à ce qui était anticipé.

 




 

Intervention sur le rapport des orientations budgétaires par Julie Reynard et Aloïs Gaborit

Ces orientations budgétaires traduisent les choix politiques de la municipalité, et s’inscrivent dans une double ambition : avoir une politique d’investissements responsable et ambitieuse. Responsable, parce que parce la réalisation de nos engagements exige une situation financière saine, avec des recettes réinventées et des dépenses maîtrisées. Ambitieuse, parce que les enjeux actuels et la transformation de notre ville exigent des politiques publiques volontaristes et des moyens financiers importants. Concrètement cela se traduit par l’augmentation du soutien au CCAS, l’établissement du Contrat territorial d’accueil et d’intégration, l’installation de l’Assemblée citoyenne et populaire de Poitiers, le soutien aux acteurs économiques, sociaux, sportifs et culturels, la création d’espaces de convivialité, la mise en place de partenariats locaux pour une commande publique responsable ou encore le Plan Alimentaire Territorial. Des engagements qui montrent que la municipalité est à la hauteur des attentes sociales et des envies de liens retrouvés des poitevin·es.