Quelle tête de liste pour Poitiers Collectif ? Compte-rendu Plénière Publique #15

Début de la soirée : 19h.

Introduction

Louise ouvre la soirée en se présentant, et en rappelant les grandes règles de notre cadre de sécurité. Extérieure à la démarche Poitiers Collectif, c’est en tant que facilitatrice formée à l’Université du Nous qu’elle nous accompagne, pour garantir la neutralité et la rigueur du cadre méthodologique proposé.

Le processus de désignation des candidat.e.s a été travaillé en collaboration avec elle, mais elle est garante de la conduite des deux soirées dédiées aux candidatures.

Elle commence par rappeler le processus dans son ensemble.

Pleniere 15

 

Tous les candidats désignés lors de la plénière précédente sont-ils présents ? Tous, sauf Pierre Nenez, absent pour raisons professionnelles.

Quel rôle pour la tête de liste ?

Louise présente une base de fiche-rôle établie en commun avec Thomas Simon (d’Action Commune, qui avait co-animé la première plénière).

fiche role tete de liste

 

Les participants, par petits groupes, sont invités à réagir et proposer des amendements.

 

Parmi les points soulevés :

La tête de liste doit-il/elle être forcément Maire de Poitiers ?

Techniquement, c’est le Conseil Municipal qui, une fois élu, élit le Maire.

Mais le manque de lisibilité est à craindre dans la campagne si nous annonçons que la tête de liste ne sera pas le/la Maire. Au-delà du cercle Poitiers Collectif, les habitants ont besoin de repères, d’identification, pour un élu qui est amené à avoir des prérogatives importantes. Il est important de susciter leur confiance, et d’y aller progressivement dans la « radicalité » de nos propositions. D’autant qu’il est souvent reproché à notre projet de manquer d’incarnation : les gens doivent savoir pour qui ils vont voter.

Si nous accordons de la légitimité à une tête de liste ce soir, nous lui faisons aussi confiance pour être Maire.

Pour rappel : pour garantir un fonctionnement collectif, nous avons déjà pris l’engagement que le ou la Maire de Grand Poitiers ne serait pas également Président.e de Grand Poitiers, ce qui est déjà beaucoup !

Autre rappel : nous nous préparons à être candidat.e.s, pas forcément élu.e.s… Ce qui est aussi vrai pour la tête de liste, qui doit éventuellement se préparer à être chef de file d’un groupe d’opposition.

Et pourquoi pas un binôme de têtes de liste dans Poitiers Collectif ?

Il y a surtout une dimension légale : pour déclarer la liste, il faut un ordonnancement, avec un.e premier.e. C’est également le cas pour ouvrir le compte bancaire, une tête de liste est nécessaire en plus d’un mandataire financier (France Joubert, pour Poitiers Collectif).

A souligner encore le besoin d’identification évoqué ci-dessus. Les attentes extérieures sont à prendre en compte.

Rôle décisionnel.

Beaucoup de groupes soulignent que les rôles décisionnels reviennent au groupe de coordination, qui doit rester en première ligne pendant la campagne.

Les 20 premiers candidat.e.s doivent être intégré.e.s au groupe de coordination.

La tête de liste doit en revanche être garant.e du respect des décisions prises collectivement.

Porte-parolat.

Beaucoup de groupes soulignent que, conformément à ce qui se fait depuis le lancement de Poitiers Collectif vis-à-vis de la presse ou des réseaux sociaux, le porte-parolat doit être au maximum collectif. Il est par exemple encouragé de donner la parole à des candidat.e.s sur des sujets précis qu’ils maîtriseraient particulièrement bien.

La tête de liste devra favoriser l’harmonie avec les autres porte-paroles (= les autres candidat.e.s).

Néanmoins, certains participants rappellent l’attente d’incarnation de la part des électeurs, des médias locaux… Il est aussi important d’éviter la cacophonie et les éventuelles contradictions dans les prises de parole publiques.

Ajouts proposés :

  • [Notamment dans l’optique où nous ne serions pas élus, l’engagement doit continuer !] A rajouter dans la « Raison d’être » : «  Assumer à l’issue du scrutin la voix et le projet de Poitiers Collectif ».
  • La tête de liste devra respecter la Charte de Poitiers Collectif, puis la « Charte de l’élu » qui sera proposée lors d’une prochaine plénière.
  • Accepter une logique de censure / de révocation ?

> C’est une disposition qui n’est pas prévue dans le schéma de gouvernance, qui inclut plutôt un « droit de suivi ». Les modalités doivent encore en être précisées

  • La tête de liste doit encourager la coopération avec les élu.e.s de Grand Poitiers
  • A rajouter parmi les responsabilités : signer (dans le sens de « assumer la responsabilité ») des accords de fusion éventuels pendant la campagne et entre les 2 tours.

 

Pour rappel : ce soir, on élit une tête de liste, mais lors de la plénière du 10 décembre prochain, sera voté le schéma de gouvernance qui sera mis en œuvre lorsque Poitiers Collectif sera élu, et dans lequel s’inscrira la tête de liste. Ce qui nous tient à cœur : changer la gouvernance au sein du Conseil Municipal, pour engager un vrai fonctionnement coopératif.

La principale force du collectif est son fonctionnement, et sa confiance. Être capables, ce soir, de faire ressortir une tête de liste, est un signe de maturité, et de notre capacité à accepter un principe de réalité.

 

Fiche mandat définitive :

Fiche Mandat TdL

 

Election sans candidat.e.

La séquence a commencé par un tour des 20 personnes désigné.e.s lors de la précédente plénière. Tous doivent se présenter, et répondre à la question suivante : « acceptez-vous d’être candidat.e.s au sein de la liste Poitiers Collectif ? », avec 3 réponses possibles : Oui, Oui mais en place non éligible, Non. [Pour rappel, un « oui » aujourd’hui ne signifie pas nécessairement une place éligible dans la liste définitive, en janvier : d’une part, on a le droit de changer d’avis, et d’autre part, l’ordonnancement de la liste n’est pas l’objet de la plénière de ce soir.].

Parmi les personnes mentionnées, 3 ont souhaité d’emblée préciser qu’elles ne souhaitaient pas être éligibles (Mad Joubert, Chantal Nocquet, et Maryse Delaunay), mais aucune n’a refusé d’être candidat.e. Certain.e.s ont toutefois précisé qu’ils réservaient leur décision définitive pour le mois de janvier.

 

A ensuite débuté l’élection sans candidat.e en elle-même.

Après la lecture de la fiche-rôle de la tête de liste définitive, Louise a présenté le processus (il s’agit d’un processus très cadré, présenté par Louise de manière approfondie au lancement. Pour en savoir plus, cliquez ici !).

Assis en cercle, les 20 candidat.e.s ont pu chacun.e désigner la personne qui leur semblait être la plus légitime, qui lui semblait le mieux correspondre aux qualités et compétences établies dans la fiche-poste.

[La soirée a été retransmise en direct sur Facebook, et suivie par plus de 600 personnes. Nous n’avons pas pris en note de manière exhaustive le contenu des débats, notamment pour que les questions de personnes et les prises de position individuelles restent dans le cadre temporel de cette soirée. Elles n’ont pas vocation à être réutilisées d’une manière ou d’une autre par la suite. Voici néanmoins les grandes lignes des échanges].

A l’issue de ce premier tour où chacun.e a pu désigner un nom, et argumenter en sa faveur, un tour de « report de voix » éventuel a eu lieu. Sur cinq noms initialement proposés, les noms de trois personnes ont finalement été retenus suite aux reports : Bastien Bernela, Charles Reverchon-Billot, et Léonore Moncond’huy.

Il a ensuite été proposé au cercle que quelqu’un, à l’issue d’un temps de réflexion, lance une proposition de nom, qui lui paraissait être la meilleure au service du collectif.

La proposition de Léonore Moncond’huy a été lancée.

Suite à cela, un tour de recueil d’objections a été réalisé : quel risque représenterait cette candidature pour le projet ?

Parmi les objections formulées :

  • Risque de cumul des mandats exécutifs (Léonore Moncond’huy est élue en Région Nouvelle-Aquitaine), qui serait notamment en désaccord avec la Charte Anticor, qui est mise au pot commun pour étude par le groupe gouvernance pour compléter la Charte de l’élu qu’il devra proposer.
  • Choisir quelqu’un d’encarté risquerait de donner de la place à la logique de partis politiques, qui questionne la démarche même de Poitiers Collectif.
  • Risque d’une mauvaise perception dans les médias de la démarche en lien avec cette logique de partis
  • Risque de dislocation du collectif.

 

Parmi les réponses apportées :

  • Sur le cumul

Léonore Moncond’huy a rappelé que le principal problème dans le cumul était le manque de disponibilité. Elle s’est engagée, en cas d’élection dans l’exécutif, à démissionner de toutes ses délégations (Commission Permanente, Déléguée à la Vie Associative, Co-Présidente du Groupe Ecologiste et Citoyen). Pour la décision de démissionner tout court, c’est une décision qui ne peut pas être prise à titre individuel, car ses implications sont multiples (en cas de démission, c’est un élu En Marche qui « monte » à la Région en étant le suivant sur la liste ; c’est une perte de rapport de force interne pour le groupe écologiste, et enfin le budget des groupes politiques à la région est indexé sur le nombre d’élus, ce qui entraîne notamment des conséquences en termes de masse salariale). Elle s’est engagée, en cas d’élection, à soumettre cette décision à l’avis de Poitiers Collectif, et d’en respecter le choix du collectif quel qu’il soit, tout en demandant si possible que soit pris en compte l’avis de son groupe d’élus à la Région.

En revanche, pour répondre au problème de disponibilité pendant la campagne (et après, le cas échéant), elle s’est engagée à démissionner de ses fonctions professionnelles dès à présent.

> Cette explication a permis de lever l’objection.

 

  • Sur le lien aux partis politiques.

Il a été proposé de « mutualiser » les deux objections liées à cet enjeu : double enjeu de cohérence interne, et de perception externe.

Les débats ont été extrêmement longs.

 

Arguments en soutien à cette objection :

  • « Tout ça pour ça », positionner en tête de liste une candidate déjà encartée remet en question la cohérence de la démarche citoyenne. Le choix de Léonore témoigne d’une logique partisane, qui souhaite porter une militante à la tête de la démarche, en défendant de ce fait l’organisation plutôt que le caractère citoyen de la démarche. Des consignes en ce sens ont pu être données.
  • Le signal politique aurait été plus fort si le choix s’était porté sur une personne non adhérente à un parti politique.
  • Le risque est fort d’une mauvaise perception de la démarche publiquement : il sera difficile de défendre la démarche citoyenne avec le message d’une candidate encartée à sa tête. Le risque existe d’une perte de sens pour certaines personnes engagées dans la démarche.

 

Arguments en opposition à l’objection :

  • Le message de « femme » (seule femme parmi les 3 candidats ressortis), voire de « jeune femme », est plus fort que celui de « candidate encartée ». C’est la première fois que se présente l’opportunité de voir une femme maire de Poitiers.
  • EELV est un parti qui s’implique dans la démarche depuis le début, dont l’implication n’est plus à prouver. « Citoyen » ne signifie pas « sans les partis », même les encartés sont considérés comme citoyens dans notre démarche.
  • Dans la mesure où Poitiers Collectif rassemble et accepte, depuis le début, personnes adhérentes d’un parti ou non, il faut accepter par conséquent que la tête de liste puisse être quelqu’un d’encarté démarche.

 

Le besoin est énoncé de trouver des « garanties » supplémentaires par rapport à la place des partis dans la démarche.

Des pistes sont proposées, finalement non retenues :

  • Un binôme de têtes de liste ;
  • Garantir un pourcentage dans la part de candidat.e.s non encarté.e.s, à terme, sur la liste de Poitiers Collectif.

 

Parmi les réponses identifiées et validées :

  • Poursuivre une communication collective. Le mandat donné à la tête de liste sur l’incarnation collective doit être garanti par le groupe de coordination.
  • Rappel de la vigilance collective à avoir par rapport à l’autonomie de la démarche vis-à-vis des enjeux des partis. Le groupe de coordination, rejoint par les 20 candidat.e.s, est garant de l’intégrité de la démarche.

 

> Ces réponses ont permis de lever les objections liées à la place des partis, ainsi que l’objection sur la cohésion du groupe.

 

La question est donc posée à Léonore Moncond’huy : accepte t-elle d’être tête de liste ?

La réponse est « oui », avec, parmi plusieurs éléments énoncés, une crainte sur l’objection liée à la cohésion du groupe : le fait de la lever ne peut être décrété en une soirée, mais la cohésion devra être préservée suite à cette étape du projet.

 

Fin de la soirée : 1h du matin.