Pour… une ville qui prend soin du cadre de vie : patrimoine et espaces publics

Les espaces publics sont les traits d’union entre tous les lieux qui composent la ville. Nous avons l’ambition d’en faire à Poitiers des lieux où s’expriment les liens humains apaisés, la rencontre et la diversité.

En les rendant plus pratiques et praticables par tous.tes, nous souhaitons continuer à les rendre plus agréables et mieux partagés, au service de tous les usages (professionnels, familiaux, de loisir, commerciaux…). C’est notre engagement depuis 2020 : en végétalisant, en apaisant la circulation, en agrandissant les espaces des terrasses, etc., nous contribuons à créer des lieux extérieurs où il fait bon vivre, où chacune et chacun trouve sa place, où chacune et chacun trouve un moment de calme, de fête, de discussion, de jeux, de nature… En agissant sur les problématiques concrètes du quotidien (la circulation, la voirie, la propreté), nous activons autant de leviers pour davantage de lien social et de mieux-être de ses habitantes et habitants.

Pour une ville plus propre, à l’écoute de ses habitant.es, où l’urbanisme et la rénovation sont à la hauteur du mieux vivre-ensemble… Dehors !

6.1 RÉNOVER ET EMBELLIR LA VILLE

Poitiers, notre ville « aux 100 clochers », est une ville riche de son patrimoine, de ses petites rues médiévales, de ses faubourgs et de ses quartiers plus récents où il fait bon vivre et flâner. Nous poursuivrons la rénovation et la réhabilitation des bâtiments, des rues et des espaces publics avec pour ambitions :

  • Le confort des habitant.es dans leur vie quotidienne, quel que soit leur mode de vie ou de déplacement
  • L’adaptation au changement climatique
  • La réappropriation des espaces publics, au service de la cohésion sociale
  • La réhabilitation juste et cohérente de l’ensemble des quartiers de la ville.

Poursuivre la rénovation des bâtiments publics et optimiser leurs usages

Poitiers consacre plus de 20 millions d’euros par an à l’entretien et la rénovation de son patrimoine public. Nous poursuivrons ce niveau d’investissement, au service de plusieurs ambitions :

  • Améliorer le confort d’usage des bâtiments et leur accessibilité, en particulier les écoles
  • Améliorer le cadre de vie et l’image de notre ville
  • Réduire notre empreinte écologique tout en préparant mieux notre ville aux changements climatiques à venir.

Dans le cadre de notre Programmation Pluriannuelle d’Investissement, nous poursuivrons la transformation de long cours de l’ensemble des bâtiments publics. Le Schéma Directeur Immobilier de Poitiers, et de Grand Poitiers, guideront nos choix. Nous assurerons la bonne prise en compte des principes de la Charte d’urbanisme résilient dans toutes les opérations publiques, par souci d’exemplarité, et auprès des promoteurs privés.

Face aux enjeux du dérèglement climatique, nous accélérerons la rénovation énergétique des bâtiments publics. Nous poursuivrons l’ambition d’un patrimoine municipal à énergie positive, engagée en 2020. À court terme, nous proposons de cartographier les lieux publics vulnérables (les écoles notamment) et expérimenter rapidement des solutions d’amélioration du confort d’été (revêtement des toitures, ombrières, etc.).

Nous poursuivrons la recherche d’une qualité élevée de réhabilitation du patrimoine public dans le cadre des démarches de type Bâtiments Durables Nouvelle-Aquitaine, qui visent à améliorer la qualité environnementale des projets ; nous poursuivrons notre engagement dans le Pacte bois-biosourcés, contrat de partenariat avec les acteurs de la filière bois et matériaux biosourcés pour faciliter l’utilisation de ces matériaux dans la construction ou la rénovation des bâtiments publics.

Dans la continuité du chantier de la Caserne, exemplaire en la matière, nous encouragerons le recours aux matériaux biosourcés et/ou de réemploi et accompagnerons le développement des filières locales dédiées (voir partie « économie locale »).

Nous souhaitons aussi proposer une alternative à une vision figée du patrimoine public : mutualiser ses usages, les diversifier, et encourager les occupations temporaires de bâtiments inoccupés, pour soutenir les expérimentations de tout type.

Un plan d’aménagement des espaces publics renouvelé

Nous proposons de décliner le plan de mobilité de Grand Poitiers en un plan d’aménagement des espaces publics renouvelé. Il permettra de distinguer les grands axes des petites rues selon leurs usages, de réguler la vitesse de circulation, l’intensité du trafic, les sens de circulation, etc. Il a pour visée de repenser l’organisation des déplacements afin de mieux répartir les usages de la voirie entre les différents modes de transport (piétons, vélos, trottinettes, transports en commun, voitures) et d’assurer la cohérence des aménagements envisagés à l’échelle de la Ville.

Dès le début du mandat, cette démarche comprendra une phase de concertation avec les habitantes et les habitants, les commerçants et les usagers, pour garantir une appropriation du plan et ajuster les propositions aux besoins précis.

Des travaux priorisés

Planifier prioritairement les aménagements de voirie dans les zones les plus vétustes ou à fort besoin en terme de mobilités.

Nous engagerons une rénovation d’ampleur du faubourg de la Cueille Mirebalaise, en lien avec la rénovation de la route. Nous faciliterons la réhabilitation des bâtiments pour en faire une zone de promenade (belvédère) et ainsi apaiser la circulation.

Dans le cadre notamment du plan de déploiement du réseau structurant PictaREV, nous envisagerons des modifications des voies de circulation sur les axes de l’avenue de la Libération/8 mai et de l’avenue de Nantes dans l’optique d’un meilleur partage des mobilités et une sécurisation des modes de déplacement doux (piétons et cyclistes).

La voie Malraux (pénétrante) est vieillissante et va nécessiter dans les années à venir des travaux de consolidation. Elle se situe en outre au croisement de plusieurs enjeux majeurs de mobilité : aménagement de l’entrée sud-est de Poitiers, tracé d’un futur bus à haut niveau de service (voir partie 8.4. « Poursuivre la transition vers des mobilités douces et actives »). Nous nous appuierons sur ces travaux et réflexions pour y repenser les modes de déplacement : faire évoluer la piste cyclable, intégrer une voie de bus, installer des circuits piétons pour donner accès au Belvédère en face de la cité judiciaire, etc.

Des offres de stationnement optimisées

Le stationnement sur voirie prend une place importante dans l’espace public. L’espace public est majoritairement aménagé pour la voiture : nous souhaitons mieux partager l’espace public, entre tous les usages, de mobilité ou de sociabilité. La politique de stationnement doit aussi répondre aux besoins de différents usagers : habitants, visiteurs, personnes venant de l’extérieur, touristes.

Nous redéfinirons une stratégie partagée du stationnement sur Poitiers, en concertation avec les acteurs du territoire, habitants, commerçants, professionnels de santé, associations représentant les personnes à mobilité réduite, ainsi que les habitantes et habitants des communes voisines, en lien avec l’étude de Grand Poitiers en cours sur les parkings. À partir d’un diagnostic (nombre de stationnements présent par quartier, types de stationnement existant, besoins des usagers), il s’agira de mettre en place une politique de stationnement adaptée pour tous les usagers, en adéquation avec les objectifs du Plan de Mobilité de développer l’usage des transports en commun, du covoiturage et du vélo.

Nous étudierons les leviers d’amélioration des conditions de stationnement pour les riverains et les abonnés dans les parkings de la ville et le stationnement en voirie. Nous renforcerons l’offre de stationnement autour de la gare.

Nous maintiendrons et renforcerons autant que nécessaire les places de stationnements « stratégiques » devant les commerces de proximité pour les personnes à mobilité réduite ou les professionnels de santé, de même que le stationnement gratuit de courte durée pour toutes et tous en face de ces services.

Dans chaque projet d’aménagement/requalification, nous identifierons du foncier (dent creuse, friches…) pour créer du stationnement modulaire et en silo, une structure à étage qui optimise le stationnement de véhicules en extérieur. Cette solution augmente le nombre de places de stationnement tout en occupant un espace au sol limité. Cela permettra de conserver une offre de stationnement de proximité pour les riverains dans le périmètre du projet.

Au fil des projets urbains, nous désimperméabiliserons les zones de stationnement existantes et intégrerons dans les nouveaux projets de stationnement des critères visant à favoriser l’infiltration d’eau et la végétalisation de la zone.

6.2 DES PROJETS DE VOIRIE PLUS DÉMOCRATIQUES, TOURNÉS VERS LA VILLE DE DEMAIN

Depuis six ans, notre municipalité a fait de la participation citoyenne un axe fort de son action. Les projets de voirie, souvent sensibles car ils impactent directement le quotidien des habitantes et habitants, ont déjà bénéficié de ces espaces de dialogue. Adapter la ville aux nouveaux modes de déplacement, répondre aux enjeux écologiques ou encore assurer un entretien de qualité de l’espace public nécessitent parfois des transformations qui suscitent des attentes et des inquiétudes légitimes.

Forts de l’expérience acquise depuis 2020 et des outils déjà mis en place, nous souhaitons aujourd’hui aller plus loin : renforcer, structurer et systématiser la consultation citoyenne dans les projets de voirie. Notre objectif est d’associer encore davantage les habitant·es aux décisions qui concernent leur rue, leur quartier, leur ville. Ainsi, chacun pourra pleinement prendre part à l’aménagement et à l’amélioration de son cadre de vie, dans un esprit de co-construction.

La démocratie directe dans les projets de Voirie

Nos engagements sont les suivants :

Nous organiserons des réunions publiques dès le début du mandat pour planifier et acter avec les habitant.es les grands projets de rénovation sur la durée du mandat. Nous organiserons des temps de consultations systématiques des habitant.es en amont du démarrage des grands projets : en proposant plusieurs alternatives au choix des participant.es (sur la modification des voies de circulation, les revêtements de voirie, sur le stationnement…etc).

Nous poursuivrons la dynamique de participation citoyenne autour de la rénovation du quartier de la gare.

Nous organiserons au moins deux fois dans le mandat et pour chaque quartier des campagnes de consultation des habitants sur les besoins précis des quartiers : trottoirs ou routes endommagés, besoin de travaux ou de modifications des espaces de circulation, tensions entre les différents modes de déplacement, revêtements dégradés ou inadaptés, etc.

La communication pour un travail de collaboration de qualité

Nous garantirons la transparence pour renforcer la relation de confiance : associer les agent·es et les élu·es aux temps de consultations pour permettre aux habitantes et aux habitants d’avoir une compréhension plus précise des contraintes techniques et financières des projets, mais aussi de faire des propositions réalistes et réalisables.

Nous renforcerons la communication sur le suivi des projets : nous reviendrons vers les habitantes et habitants de façon très régulière pour les informer de l’ensemble des travaux réalisés, du compte-rendu des réunions de consultation, etc., en multipliant les formats : poursuite des réunions de quartiers, mobilisation des réseaux sociaux, affichages dans les halls d’immeubles, courriers, presse, etc.

6.3 UNE GESTION DE LA PROPRETÉ ET DES DÉCHETS À LA HAUTEUR DES ENJEUX ÉCOLOGIQUES ET SOCIAUX

C’est une demande forte, et légitime, des habitantes et des habitants : une ville plus propre, pour un cadre de vie plus agréable à vivre et à visiter.

Nous avons, dans le même temps, la responsabilité de répondre à deux impératifs : garantir la propreté de la ville, dans l’ensemble de ses quartiers et répondre aux enjeux de transition écologique.

Ainsi, nous mettrons en place une gestion renforcée des déchets, inscrite dans la logique globale suivante : diminuer, trier et réemployer. Un travail de créativité et d’innovation autour de l’ensemble du cycle des déchets (collecte, traitement, réemploi…) est essentiel et sera un levier pour davantage de justice sociale : création d’emploi, réutilisation, répartition équitable des services.

Pour une ville plus propre et à l’écoute de toutes les contraintes

Il est essentiel de penser des solutions adaptées aux besoins de chaque quartier, Parmi les axes prioritaires que nous soutiendrons :

  • Identifier et assurer le suivi des zones à fort besoin
  • Augmenter le nombre de collectes en Centre Ville
  • Poursuivre le déploiement de nouveaux points de collecte pour limiter les sacs poubelles sortis en dehors des horaires sur les trottoirs
  • Renforcer le dialogue avec les bailleurs et syndics pour s’assurer que les informations sont correctement fournies aux locataires, et que les consignes soient respectées.

Notre réponse passe aussi par plus d’humain sur le terrain. Nous conforterons les services municipaux de propreté dans leurs effectifs, nous renforcerons les missions de la Brigade verte créée en 2025, et développerons en complément les dispositifs dédiés qui ont fait leurs preuves comme les Arpenteurs avec territoire Zéro Chômeur de Longue Durée, au service de la propreté dans tous les quartiers de Poitiers.

Nous renforcerons l’accessibilité des déchetteries. Nous envisagerons une modification des horaires des déchetteries certains jours de la semaine (plus tôt le matin et/ou plus tard le soir) et engagerons une concertation autour des déchets professionnels et des dépôts sauvages. Nous étudierons la faisabilité de mise en œuvre d’un ramassage régulier des encombrants sur le même mode que le ramassage des déchets, organiser un passage de gros broyeur dans les quartiers à certaines périodes de l’année pour les déchets verts et développer une application interactive permettant de marquer les zones de dépôt sauvage.

La tarification incitative : enclencher une réelle démarche de diminution des déchets

La prévention et les campagnes de communication ne sont pas suffisantes pour une réelle réduction des déchets. Aujourd’hui, chaque habitant produit encore en moyenne 500kg de déchets par an à Poitiers. Nous proposons à Grand Poitiers, en nous basant sur les expériences des autres villes et l’expertise de l’ADEME, de mettre en place une tarification en fonction du poids réel des déchets. Le principe est simple : chacun paye les déchets qu’il produit, et donc ne paye pas ceux qu’il ne produit pas !

Diminuer et mieux trier, au service de la réduction des émissions de gaz à effet de serre

Pour les particuliers comme pour les professionnels, nous encouragerons l’utilisation d’emballages réutilisables et la limitation maximale des emballages à usage unique :

  • En faisant appliquer la « Charte Zéro Déchets » pour tous les événements soutenus par la Ville de Poitiers
  • En engageant l’expérimentation d’un système de consignes, à l’échelle d’une zone délimitée (Halles, par exemple, ou bars du centre ville), puis en l’étendant à une échelle plus large
  • En organisant des stands de sensibilisation sur les marchés et dans les lieux commerciaux, et distribuant des kits (sac à pain, sac à vrac, boîtes…) fabriqués localement.

Nous serons ambassadeurs d’une culture du « Zéro déchet » dans la ville, en soutenant les projets associatifs et citoyens autour de la réduction des déchets alimentaires et ménagers et les bénéfices pour la santé/le budget, etc.

Nous encouragerons davantage le compostage, en simplifiant l’accès aux composteurs collectifs et en organisant une nouvelle campagne de distribution de composteurs individuels et/ou de bacs verts tout en accompagnant les habitants dans leur utilisation.

Mutualiser, réemployer : la réduction des déchets au service de la réduction des inégalités

Nous impulserons la création de services de prêts de matériel pour les habitants (perceuses, tondeuses/broyeur individuel, outils de bricolage, batteries de cuisine et vaisselle pour évènement, etc.).

En nous appuyant sur les acteurs locaux déjà présents, nous expérimenterons le développement d’espaces de dépôt et de gestion des encombrants dans les quartiers : des lieux où venir déposer des meubles, de l’électroménager, etc., qui pourront être redistribués aux autres habitants gratuitement ou à très bas coût.

Nous soutiendrons les filières de l’économie circulaire, en priorité dans le secteur du bâtiment et du textile (voir partie « économie »).