Une semaine, une thématique : une ville qui protège

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Une semaine, une thématique : une ville qui protège

La tranquillité et la sécurité publique ne se décrètent pas. Ce n’est pas l’affaire de slogans ni de grandes annonces. C’est un travail patient, de terrain, qui repose sur un équilibre : prévenir, apaiser, et agir quand il le faut.

Nous l’écrivons clairement dans notre programme : “La sécurité est une aaire d’équilibre entre l’aménagement public et son entretien, la prévention, la médiation et la répression lorsque nécessaire”.
Et pour trouver cet équilibre, nous affirmons une priorité : plus d’humains sur le terrain.

La demande de tranquillité publique, de sécurité et d’un cadre de vie préservé est croissante et nous l’avons entendue lors de nos rencontres sur le terrain, lors des porte-à-porte et au sein des groupes de travail sur le programme. Notre responsabilité est donc d’y répondre, de proposer des solutions concrètes pour faire de Poitiers une ville qui protège, tout en entretenant le lien social et la présence humaine.
Car une ville où l’on se sent bien, où l’on se sent en sécurité c’est une ville où les tensions diminuent, où l’espace public est partagé, où les incivilités reculent. C’est une ville où la prévention est forte et la réponse de la force publique lisible.

Un premier levier : s’attaquer aux discriminations, de toutes sortes

Nous le constatons, les injustices et les discriminations alimentent les tensions, le mal-être et les violences. Elles sont un terreau fertile au repli sur soi et aux incivilités.

Concrètement, nous inscrirons la lutte contre les discriminations au cœur de toutes nos politiques publiques, et nous viserons aussi une collectivité encore plus exemplaire : formation, outils d’évaluation anti-discriminatoires, et visibilité renforcée des femmes et des minorités dans l’espace public.

Et parce que protéger, c’est aussi accueillir, nous faciliterons l’ouverture de lieux refuge pour que chacune et chacun puisse trouver un lieu chaleureux et bienveillant pour répondre à ses besoins. Ces lieux permettront aussi d’accompagner les démarches et faciliter l’accès aux droits.

Deuxième levier : la médiation pour une présence sur le terrain, au quotidien

Agir pour une ville apaisée, c’est donner des moyens à la médiation. Déjà au cœur des actions menées sur ce mandat, nous poursuivrons et amplifierons les politiques de prévention et de médiation. Nous conforterons les moyens et le rôle du GIP “Collectif Grand Poitiers médiation sociale”, un service public de médiation de terrain.

L’idée de la médiation, c’est être présent avant que la situation ne dégénère, retisser de la confiance, rétablir du dialogue, créer de la considération. Parce que la tranquillité, c’est aussi une ville où l’on se parle, où l’on se comprend, où l’on ne laisse personne seul face aux difficultés.

En parallèle, nous développerons des outils très opérationnels, comme les “chantiers éducatifs”, notamment en direction de la jeunesse.

Des services de proximité au service des quartiers

Mais la présence humaine ne se limite pas aux dispositifs de médiation. Agir pour une ville apaisée, c’est aussi éviter que le vide ne s’installe dans nos quartiers. Car l’insécurité se nourrit des espaces désertés ; la tranquillité, elle, se construit dans la vie quotidienne, dans les commerces ouverts, dans les services accessibles, dans les lieux où l’on se croise et où l’on se connaît.

C’est pourquoi notre politique de tranquillité publique passe aussi par le soutien aux services et aux activités de proximité.

Nous développerons de nouvelles boutiques éphémères, notamment dans les quartiers prioritaires, pour encourager l’initiative économique locale et redynamiser la vie des quartiers.
Nous soutiendrons également l’implantation d’activités créatrices d’emplois directement dans les quartiers, par exemple en accompagnant l’installation d’un site de formation et d’emploi de centre d’appel aux Couronneries.
Créer de l’activité, remettre des vitrines allumées, soutenir les associations et les maisons de quartier, ouvrir les équipements publics : tout cela participe d’une même ambition. Une ville vivante est une ville plus sûre.

Une police de proximité, au service de la tranquillité du quotidien

Autre levier : la police municipale est dont le rôle est de renforcer la sécurité de proximité, de terrain, du quotidien. Pour cela, nous conforterons ses effectifs et ses missions.

L’action de la police municipale sera dans la lignée de ce que nous expliquons ici : prévention, médiation, sanction si nécessaire.

Pour la prévention, nous renforcerons le rôle de la police municipale dans toute la ville mais également en milieu scolaire, avec des “référents écoles” et des interventions régulières en établissements.

Pour la régulation de l’espace public, elle jouera aussi un rôle sur la mobilité — notamment pour faire respecter la ville à 30 km/h — et le futur “code de la rue” viendra clarifier les règles pour mieux protéger les usagers vulnérables.

Sur la vidéo-protection, notre position est assumée : si les caméras ne sont pas notre réponse première, elles peuvent être un recours après diagnostic, étude des alternatives, et évaluation de l’efficacité — avec un comité d’éthique renforcé.

Enfin, quitte à avoir des caméras, il faut pouvoir en faire quelque chose. Ainsi pour mieux coordonner l’ensemble, nous créerons un Centre de Sécurité Urbaine (CSU) : il permettra de mutualiser les compétences et les données liées à la sécurité, d’assurer des missions d’astreinte 24/24 (interventions, rallumage, etc.), et de servir de PC sécurité en cas de crise majeure.

Une ville tranquille pour une ville qui vit, chaque jour et chaque nuit

Si nous tenons à cette ville apaisée, où chacun est respecté, c’est pour permettre à l’ensemble des habitantes et habitants de profiter sereinement des espaces de liens et de convivialité que propose Poitiers.

Poitiers est une ville étudiante : le droit à la fête existe, et il fait partie de la qualité de vie. Mais il doit se concilier avec la tranquillité des riveraines et riverains. Pour y parvenir nous devons nous donner des moyens pour organiser, coordonner, prévenir.

Nous renforcerons le Comité de la vie nocturne (réunions plus régulières, coordination, pilotage de projets).

Nous ferons aussi le bilan de l’extinction de l’éclairage nocturne, en associant les usagers — avec une attention particulière aux étudiantes et étudiants — tout en maintenant le principe de l’extinction et en adaptant si nécessaire certaines zones d’exception.

Enfin nous impulserons la création d’une navette de la nuit entre les lieux festifs pour sécuriser les retours et proposer une alternative à la voiture individuelle.

Plus de prévention, plus de médiation, plus de présence dans l’espace public.

Une police de proximité ancrée dans le quotidien. Des services publics visibles, accessibles, réactifs.

Une ville qui protège n’est pas une ville qui se ferme.

C’est une ville où l’on se parle, où l’on agit tôt, où l’on assume d’intervenir quand

il le faut, sans jamais renoncer au lien social.