Être bien dans son logement. Accéder facilement aux commerces et services de proximité. Profiter d’espaces de nature et de lieux publics où se retrouver. Disposer d’une offre de déplacements qui ouvre sur tous les quartiers et services. C’est ce que mérite chaque Poitevine et chaque Poitevin.
Chaque aménagement doit aussi être pensé pour demain, être sobre dans l’utilisation de foncier, de matières et d’énergie. Il doit permettre un accès facile en transport en commun ou en mobilités douces, donner une place à la nature et privilégier l’usage d’énergies renouvelables.
Pour répondre aux besoins de nouveaux logements ou de bâtiments professionnels, nous mettrons en œuvre toutes les solutions qui évitent de construire sur des terres agricoles ou des espaces naturels. Il s’agit de renouveler les espaces urbains existants, réhabiliter des bâtiments vacants, reconvertir des bureaux vacants en logements, réhabiliter des friches. Nous considérons le bâti existant comme une richesse à revitaliser, transformer et occuper.
Les grands projets structurants déjà engagés traduisent notre ambition : métamorphose du secteur de la Gare, éco-quartier des Montgorges, renouvellement urbain des Couronneries. Nous les poursuivrons.
Ces projets de transformation de nos lieux de vie, nous les avons fondés sur le dialogue avec les habitants, associations, services et promoteurs.
Notre ambition de transformer notre territoire est ancrée dans la durée. Nous la portons aujourd’hui dans le document stratégique qui fixe les règles de construction et d’aménagement dans les 10 ans à venir à Poitiers et Grand Poitiers, le Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi). Nous concrétiserons sa mise en œuvre lors du prochain mandat.
8.1. AMÉNAGER POITIERS AVEC SOBRIÉTÉ POUR LE BIEN-ÊTRE DE SES HABITANTES ET HABITANTS AUJOURD’HUI ET DEMAIN
« Faire la ville sur la ville »
Nous poursuivrons un aménagement de « la ville sur la ville » sobre et valorisant l’existant, c’est-à-dire une ville qui ne consomme plus de terres agricoles ou naturelles, une ville qui porte au cœur de ses préoccupations la qualité de vie, la nature en ville et le retour des services de proximité.
Nous nous appuierons sur l’identification des friches et les locaux vacants, dans tous les quartiers, dans la suite de l’impulsion donnée par « Territoire Pilote de Sobriété Foncière ». Nous nous inspirerons des projets démonstrateurs déployés dans le cadre de ce dispositif, comme celui de l’îlot du Parc à fourrages à Poitiers Pont-Neuf, qui vise à développer des solutions de densification douce et maîtrisée.
Nous mettrons en application les mesures définies dans la Charte pour un urbanisme résilient pour la construction de tout nouveau bâtiment public et encouragerons les acteurs privés à les appliquer.
Nous faciliterons l’occupation temporaire des bâtiments inoccupés et des espaces publics pour permettre l’expérimentation de tous types de projets.
Nous mobiliserons de nouveaux outils pour encourager l’activité commerciale et lutter contre la vacance de locaux : créer une Foncière locale, outil supplémentaire pour permettre à la collectivité d’intervenir directement sur le foncier et le marché immobilier local (voir 1.4 « foncier économique »).
Nous massifierons la prise en compte des enjeux de biodiversité pour tous les projets d’aménagement (ex : pré-diagnostics « biodiversité ») ; créerons un « Patrimoine vert commun » en utilisant définitivement ou temporairement des friches urbaines pour des usages compatibles avec le dérèglement climatique.
Achever le nouveau Programme de Rénovation Urbaine des Couronneries
Le programme massif de rénovation des logements d’Ekidom se poursuivra. En 2027, le nouveau Pôle d’Animation Culturel des Couronneries, qui accueillera le Centre Social, mais aussi le restaurant solidaire de l’Éveil et une antenne du Conservatoire, sera inauguré. Nous achèverons la maison de Santé Pluri-Professionnelle et engagerons la construction d’une nouvelle école, au cœur des Couronneries. Nous soutiendrons la transformation des locaux de France Télévision, au service de l’implantation d’activités économiques dans le quartier.
Poursuivre le renouvellement du quartier de la gare
Le renouvellement du quartier de la Gare, porté par Grand Poitiers et la Ville de Poitiers, constitue une opportunité pour renforcer l’ouverture de notre territoire, et reconquérir du foncier en proximité directe du centre-ville, sans artificialisation des sols et dans une logique de mixité des usages.
C’est un nouveau quartier qui émergera d’ici à 10 ans et qui accueillera des logements rénovés et plus nombreux, des activités économiques, des administrations, mais aussi des lieux de convivialité et d’accès à une nature retrouvée. Rénovation ne doit pas signifier gentrification : nous serons attentifs à maintenir des logements accessibles et de qualité, en nous saisissant de tous les leviers à notre disposition. Premiers projets visibles : la Caserne, livrée en février 2026, sera un tiers-lieu phare de la Ville de Poitiers, foyer d’innovation sociale et économique. L’îlot Du Guesclin, dont les travaux vont commencer prochainement, accueillera notamment de nombreux acteurs de l’emploi (Mission Locale, Pôle Emploi…).
Deuxième objectif : nous rénoverons la gare en elle-même, avec un principe de gare bicéphale avec une nouvelle entrée ouest, au cœur d’un système de mobilité repensé.
Enfin, le projet urbain fera la part belle à la végétalisation des espaces publics et la renaturation de la Boivre pour apporter fraîcheur et bien-être en ville.
Ce projet ambitieux mobilise de nombreux partenaires et incarne notre volonté de transformer le territoire grâce à la coopération : l’Etat, la Région, la Banque des Territoires, le groupe SNCF, l’Etablissement Public Foncier, la Poste Immobilier, etc.
Accompagner la requalification des espaces publics des faubourgs de la ville (Pont Neuf hier, Cueille Mirebalaise demain) d’une rénovation massive des logements du quartier.
La requalification urbaine du faubourg du Pont Neuf a débuté avec le réaménagement de l’axe structurant de la rue du Faubourg du Pont Neuf et doit se poursuivre avec des opérations de réhabilitation du bâti le plus dégradé. Nous souhaitons confier à des opérateurs (Société publique locale, Société d’Équipement du Poitou, etc.) une mission d’amélioration de l’habitat et de lutte contre l’habitat indigne qui s’appuierait sur les dispositifs efficaces d’Opération de Restauration Immobilière (ORI). Ce dispositif permet notamment, à terme, de déployer l’équivalent d’un « permis de louer » sur un quartier ciblé.
Par ailleurs, une opération majeure de transformation du quartier de la gare a débuté et la requalification du faubourg de la Cueille Mirebalaise, îlot très dégradé, interviendra dans la continuité du projet Gare. Ces opérations s’accompagneront d’actions volontaristes d’amélioration des logements existants.
8.2. POURSUIVRE LA TRANSITION VERS DES MOBILITÉS DOUCES ET ACTIVES
La mobilité est essentielle à la qualité de vie des poitevines et des poitevins et est au cœur de notre programme. Grand Poitiers a défini en 2025 un Plan de Mobilité, en concertation avec les habitants du territoire. Ce Plan établit les solutions de mobilité pour les dix années à venir, en cohérence avec les engagements du Plan Climat : nous le mettrons en œuvre.
Avec 56% des émissions de gaz à effet de serre (GES), les mobilités représentent le premier poste d’émissions à Grand Poitiers. Notre objectif pour 2030 est de réduire de 35% les consommations énergétiques par rapport à 2015 et de 34% les émissions de GES. Nous réaffirmons notre volonté résolue à développer des alternatives à la voiture individuelle à moteur thermique. C’est une nécessité pour respirer un air de qualité et réduire les émissions de gaz à effet de serre qui dérèglent notre climat.
Plus de transports en communs ou partagés, plus de mobilités actives comme la marche ou le vélo : nous agirons pour un développement harmonieux de l’ensemble de ces solutions. Nous voulons faciliter la répartition des usages de la voirie entre les différents modes de transport, piétons, vélos, transports en commun, voitures, afin de favoriser une meilleure circulation dans les différents quartiers de Poitiers.
Nous souhaitons promouvoir un meilleur partage de l’espace public entre les différentes mobilités et éditer un « code de la rue » qui en fixe les règles.
Les résultats du mandat précédent sont là, avec un accent fort mis sur l’amélioration de l’accès aux transports en commun par l’extension ou la création de nouvelles lignes de bus (ligne 27 à Bellejouane, ligne 33 à Chauvigny, ligne 32 Breuil Mingot-Bignoux), des renforts importants sur les lignes de Poitiers, l’extension de la tarification « solidaire » et enfin la gratuité partielle des bus, d’abord certains week-ends puis tous les samedis.
Nous continuerons à renforcer le réseau de transport en commun, en augmentant la fréquence des bus sur l’ensemble du réseau et en introduisant la gratuité le dimanche. Cette amélioration sera accompagnée du développement de l’intermodalité, notamment par l’aménagement de parkings relais pour faciliter l’accès au centre-ville en transports publics.
Si les actions du mandat écoulé ont surtout porté sur l’offre de services à destination des communes périphériques d’une part et de liaison entre le centre ville / le pôle Campus d’autre part, le secteur prioritaire du mandat à venir sera la liaison Poitiers-Futuroscope pour travailler à la création d’une nouvelle offre de mobilité, en achevant parallèlement la liaison cyclable. L’entrée Sud-Est de Poitiers, autour de Mignaloux et du CHU, concentrera également nos efforts, dans l’intention de voir aboutir le projet de boulevard urbain multimodal soutenu par Grand Poitiers. Parvenir à une solution de réaménagement de ce nœud en matière de mobilité est un impératif, tant pour la qualité de vie des habitantes et habitants que pour l’amélioration des mobilités vers le CHU et au Campus, premiers employeurs du territoire.
Mobilité à vélo ou marche à pied, c’est bon pour la santé ! Et l’idéal pour lutter contre l’inactivité et la sédentarité, des problèmes majeurs de santé publique. En France, 47% des femmes et 29% des hommes peuvent être considérés comme inactifs. Les jeunes sont en particulier touchés, avec 73% des 11 à 17 ans qui n’atteignent pas les objectifs d’activité requis.
En continuité du mandat précédent, nous poursuivrons la promotion de l’usage du vélo et de la marche, avec le développement des infrastructures cyclables et piétonnes, tant à Poitiers qu’en direction des villes voisines. Avec près de 36 km d’aménagements cyclables dont 16 km déjà réalisés à Poitiers depuis 2020, nous poursuivrons le développement d’aménagements sécurisés et de qualité.
Enfin, la mobilité doit être accessible à tous. Nous continuerons à soutenir les services de mobilité solidaire et travaillerons à étendre l’accessibilité et la complémentarité des transports publics (bus, handibus, navettes…), afin que chaque habitante et habitant puisse bénéficier d’un réseau de transport inclusif et équitable.
Un code de la rue pour toutes les mobilités
Nous mettrons en place un code de la rue pour un partage harmonieux et sécurisé des espaces publics entre toutes les mobilités : piétons, vélos, trottinettes, voitures, etc.
Complémentaire au code de la route, cet outil vise à réduire les accidents vis-à-vis des usagers dits vulnérables : mesures de sécurité, règles de circulation et de stationnement spécifiques aux différentes mobilités.
Poitiers, une ville où il fait bon marcher
Pour que se promener demeure un plaisir et pour donner à la marche toute sa place vis-à-vis des autres modes de transport, nous améliorerons le confort et la sécurité piétonne à travers la ville.
Nous mettrons en œuvre un plan « Ville marchable » dans Poitiers, qui définira, en concertation avec les habitants, les aménagements nécessaires pour améliorer la sécurité et le confort de nos itinéraires piétons, en incluant l’accès des personnes à mobilité empêchée. Nous mettrons l’accent sur la connexion entre quartiers, vers les commerces, les jonctions avec le centre-ville et veillerons à favoriser des circuits piétons protégés des fortes chaleurs, ombragés ou végétalisés.
La mobilité accessible à toutes et tous !
Plusieurs services existent actuellement pour répondre aux besoins de déplacement des personnes à mobilité empêchée, comme une plateforme d’information dédiée à la mobilité inclusive ou le service Handibus.
Nous renforcerons la connaissance et l’accès à ces services existants et étendrons l’offre de mobilité accessible, avec l’adaptation de dispositifs comme la location de véhicules en autopartage CITIZ Grand Poitiers, ou la location d’équipements adaptés
Nous continuerons à associer régulièrement les personnes en situation de handicap et les associations locales à la conception, la mise en œuvre et le suivi de ces dispositifs.
Nous sensibiliserons et formerons les habitantes et habitants, commerçants et agents municipaux afin de promouvoir le respect des aménagements accessibles.
Nous soutiendrons et développerons les services de mobilité solidaire, comme le service de transport CIF-SP et Vienne et Moulière Solidarité.
Améliorer le service des transports en commun et renforcer l’offre de bus
Nous renforcerons massivement la fréquence des bus. Nous nous appuierons sur la création du second dépôt de bus, afin d’augmenter la flotte de bus. À partir de l’étude dite « ménages-déplacements », réalisée à l’échelle de Grand Poitiers, nous restructurerons le réseau de transports en commun. Par exemple, nous retravaillerons les lignes actuelles afin de permettre des déplacements évitant les correspondances en centre-ville de Poitiers, souvent chronophages. Nous améliorerons les fréquences en soirée, le dimanche et les jours fériés et les vacances. Nous étudierons et expérimenterons la création de lignes inter-quartiers, à l’image de la ligne 2 actuelle.
Tous en bus le week-end : nous maintiendrons la gratuité des bus le samedi et proposerons à Grand Poitiers de l’étendre aux dimanches. Une consultation communautaire pourrait être mise en place sur ce sujet stratégique.
Nous développerons une offre nouvelle entre Poitiers et le Futuroscope. Cette offre, moderne et performante, sera créée, en partenariat avec le Futuroscope et les acteurs économiques et institutionnels de ce pôle. Elle visera à apporter une liaison efficace entre Poitiers, son centre, sa gare et le Parc du Futuroscope ainsi que sa zone économique. Elle devra être adaptée à tous les usages, professionnels, loisirs ou touristiques. Nous proposerons un service de navettes spécifiques lors d’événements culturels ou sportifs (vers l’Arena Futuroscope par exemple).
Nous mettrons l’accent sur l’évolution de la navette du centre-ville, pour renforcer son utilisation. Nous étudierons les solutions visant à atteindre les zones moins bien desservies.
Nous défendrons le déploiement de bus à haut niveau de service, qui circulent sur voies dédiées pour gagner en rapidité et accueillent plus de passagers que les bus conventionnels. C’est notamment un enjeu majeur dans le futur projet de l’entrée Sud-Est de Poitiers et de la liaison avec la RN147.
Nous défendrons l’extension à l’ensemble des vacances scolaires de la carte « Grand Poitiers Sport – Vacances Sportives », qui permet de voyager gratuitement sur tout le réseau de bus Vitalis, pour les jeunes de moins de 25 ans habitant l’une des 40 communes.
Nous proposerons des arrêts de bus avec des aménagements plus adaptés et confortables pour les usagers. Nous accompagnerons mieux les usagers : faciliter la création d’abonnement, par exemple en réduisant au maximum les justificatifs à produire ou en évitant les doubles inscriptions (mairie puis guichet Vitalis), rendre l’application et le site internet Vitalis plus lisibles et pratiques.
Favoriser l’utilisation de plusieurs modes de transport (intermodalité) au cours d’un même déplacement
Nous inciterons à l’utilisation des parkings-relais actuels, par le développement d’une politique tarifaire avantageuse sur les transports en commun et en facilitant le passage aux autres modes de transports (fréquence des bus améliorée, stationnements vélos sécurisés). Ils pourront aussi être utilisés par les visiteurs occasionnels et touristes. Nous développerons par ailleurs les parkings-relais dans les communes situées à proximité de Poitiers.
Nous étudierons la mise en place d’une tarification intégrée Vitalis-TER au sein de Grand Poitiers, en lien avec la Région Nouvelle-Aquitaine.
Continuer à développer l’usage du vélo à Poitiers
Nous réaliserons un plan vélo structurant sur 10 ans à l’échelle de Grand Poitiers pour décliner le Plan de Mobilité. A partir d’une cartographie de la situation actuelle, nous projetterons dans 10 ans le Réseau Express vélo Picta’Rev, grand réseau cyclable continu, sur le modèle d’un réseau de transport en commun, pour favoriser le déplacement en mobilité douce sur voies sécurisées entre les différents quartiers névralgiques de la ville et de ses communes voisines.
Nous amplifierons la mise en place de la signalétique dédiée au réseau Picta’REV présentant les itinéraires vélos (sur le modèle des voies Lyonnaises) et partout dans la ville nous renforcerons les panneaux signalétiques dédiés aux cyclistes.
Nous organiserons dans les quartiers des événements de sensibilisation avec diffusion d’informations sur le vélo, encouragerons les ateliers d’apprentissage du vélo pour les adultes, accompagnerons les cyclistes à prévenir les risques de vols (marquage, anti-vols), etc.
Nous renforcerons massivement les espaces d’abris et de stationnement sécurisés dédiés aux vélos sur l’ensemble de la ville, y compris dans les espaces collectifs (travail, établissements publics, de santé et de loisirs) et nous renforcerons l’aménagement des abords des établissements scolaires pour les vélos.
Nous renforcerons les dispositifs existants de location ou de prêt de vélo.
Nous accompagnerons et donnerons de l’ampleur à l’écosystème d’acteurs du vélo du territoire qui promeuvent et facilitent l’usage du vélo : associations de cyclistes du quotidien, ateliers de réparation de vélos.
Enfin, nous poursuivrons et renforcerons la « culture vélo » en concertation avec les associations locales et avec les habitantes et les habitants.
Développer l’usage du vélo, outil d’émancipation, dans les quartiers prioritaires
Au-delà de ses atouts environnementaux et économiques et de ses bienfaits pour la santé, le vélo peut être un véritable vecteur d’émancipation notamment pour les personnes n’étant pas en âge d’avoir un autre type de véhicule, ou n’ayant pas les moyens d’avoir une voiture ou de passer le permis de conduire. Cependant, force est de constater que de nombreuses personnes n’ont pas appris à rouler à vélo, notamment dans les quartiers prioritaires. De plus, souvent l’habitat collectif n’est pas propice au stockage en toute sécurité d’un vélo.
Nous prévoyons donc des actions qui doivent donc être menées pour lever ces freins. D’abord, recenser, mettre en synergie, et mieux communiquer autour des initiatives existantes en matière de « savoir rouler », et renforcer l’offre proposée autour de la piste de sécurité routière de la Ville de Poitiers. Ensuite, nous travaillerons avec les acteurs associatifs (associations cyclistes, maisons de quartiers, autres associations locales intéressées, …) pour développer davantage d’ateliers de (re)mise en selle pour différents publics (jeunes, parents, etc.). Enfin, nous développerons la mise en place de stationnements vélos sécurisés dans les logements collectifs existants appartenant à Ekidom et aux autres bailleurs.
Encourager la pratique du covoiturage
Nous mobiliserons des modalités innovantes visant à renforcer la pratique du covoiturage : voies réservées, proposition d’une application, mise en place de tarifs de parking incitatifs, etc.
Poursuivre la proposition de vélos et trottinettes en libre service
La solution de libre-service pour l’usage de vélos et trottinettes sera poursuivie, en s’assurant du maintien de la qualité du service : disponibilité, entretien, dimensionnement de la flotte, emprise contenue du stationnement sur la voie publique.
Faciliter les mobilités étudiantes
Voir le chapitre « 1.6 Vie étudiante ».
Œuvrer pour un modèle d’aéroport soutenable
L’aéroport de Poitiers-Biard coûte plus de 2 millions d’euros d’argent public par an, rien que pour équilibrer son fonctionnement. La compagnie low-cost Ryanair propose des vols touristiques, irréguliers. Pendant deux ans, plus aucun vol n’a fait la liaison avec Lyon, pourtant sous « obligation de service public », faute de compagnie trouvant un modèle permettant de l’opérer. De plus, le service qui vient de reprendre se fonde sur un modèle économique peu réaliste et non soutenable.
Ces moyens publics ne bénéficient qu’à très peu d’usagers. A l’heure où les finances publiques locales sont très fragilisées, il est impératif d’affecter prioritairement nos moyens dans la réponse aux besoins réels de mobilité de nos concitoyens et des acteurs de notre territoire. A l’heure de la crise climatique, nous devons faire des choix, à notre échelle, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et agir en responsabilité pour l’avenir de nos enfants.
Ainsi, dans la lignée de l’étude prospective sur l’avenir de l’aéroport impulsée par Grand Poitiers en 2022, nous porterons les positions et propositions suivantes :
- De nous désengager du financement de lignes commerciales régulières
- De développer une offre de services plus sobre écologiquement, plus sobre en moyens publics, et plus adaptée aux besoins des acteurs économiques du territoire : transport à la demande et aviation d’affaires à la carte, liaisons point à point avec des avions plus petits et moins carbonés (hybrides, électriques)
- D’ouvrir la plateforme aux démarches R\&D en matière d’avion électrique, voire hybride, en partenariat avec les structures de l’enseignement supérieur et de la recherche du territoire (Université, ENSMA) et les entreprises régionales concernées
- De maintenir l’opérabilité de la plateforme pour les vols sanitaires (120 mouvements/an), essentiels pour le CHU et l’activité de greffe notamment; et les vols liés à la sécurité civile et militaire
- De diversifier les activités accueillies sur le site de l’aéroport de Poitiers Biard.
Il s’agira de préserver, autant que possible, le volume d’emplois actuellement dépendant de l’activité de la plateforme. Le montant de subventionnement ainsi dégagé permettra à Grand Poitiers de financer directement des solutions de mobilités répondant aux besoins du territoire et performantes, en particulier une offre de service nouvelle permettant de relier efficacement Poitiers et le Futuroscope.
Enfin, nous porterons un plaidoyer auprès des opérateurs ferroviaires pour obtenir le renforcement de l’offre ferroviaire à partir de Poitiers, en particulier vers Lyon.
8.3. FAIRE DE POITIERS UNE VILLE-JARDIN, QUI S’ADAPTE ET PREND SOIN DU VIVANT
Source de bien-être, de fraîcheur, de biodiversité et de convivialité : le végétal est un allié de taille pour des espaces vivants, vivables et solidaires. Nous avons tout à gagner à le laisser reprendre ses droits dans la cité.
Depuis 2020, Poitiers se végétalise massivement, avec plus de 40 000 arbres plantés en 5 ans. De la végétalisation des cours d’école au réaménagement du Parc du triangle d’or en passant par l’opération « faites de votre rue un jardin », les chantiers n’ont pas manqué, toujours avec la mobilisation des habitantes et des habitants. Nous nous engageons à poursuivre cet effort et à l’intensifier, en particulier dans les quartiers encore trop minéraux.
Nous sommes confrontés à de plus en plus de périodes de chaleur intense, plus de 40°C cet été ! Avec le changement climatique, les épisodes de chaleur plus longs, plus fréquents, vont se répéter, en alternance avec des épisodes de précipitations de plus en plus violents. Nous devons adapter notre ville sans tarder, pour protéger notre santé et notre qualité de vie, en particulier les plus vulnérables d’entre nous qui sont les premiers touchés.
Nous adapter, c’est préparer la ville, notre organisation, nos bâtiments et nos infrastructures face aux risques de demain. C’est aussi mieux informer et préparer toutes ses habitantes et tous ses habitants. Nous proposons ainsi de mettre en place une véritable stratégie de résilience locale.
Mieux nous protéger, préserver et réparer le vivant. Nous voulons prendre toute notre part dans la nécessaire restauration de la biodiversité, animale et végétale. Régénération des sols, de l’eau, restauration des zones humides, multiplication des refuges de biodiversité en ville : autant de mesures régénératrices que nous poursuivrons et développerons.
Protéger et se réapproprier la Boivre et le Clain, nos deux trésors fluviaux
Pour que ces refuges de fraîcheur soient plus accessibles à toutes et tous, nous améliorerons le cheminement sur les abords de la Boivre et du Clain pour en faire des lieux de promenade. Nous étudierons la création d’un nouvel espace aquatique naturel sur la Boivre.
Cela passe par la poursuite de leur renaturation, le maintien de leur bon état écologique et la préservation des espèces qui les peuplent – dont le castor, récemment revenu !
Nous souhaitons mieux faire découvrir ces espaces, par la création de sentiers d’observation et de panneaux pédagogiques sur la faune (castors, amphibiens, martins-pêcheurs…), et engagerons un travail avec les riverains : conseils, mise à disposition de ressources techniques, ateliers d’apprentissage aux techniques de génie végétal (par exemple la création de « petits murs végétaux tressés » en pied de berges, haies sèches).
Offrir à chaque habitante et habitant des espaces végétalisés de proximité, avec un effort plus marqué dans les quartiers les plus bitumés et minéraux
Nous poursuivrons la création de rues-jardin, grâce à l’opération « Faites de votre rue un jardin ».
Nous poursuivrons également la plantation de micro-forêts urbaines, véritables espaces forestiers en ville, zones de fraîcheur naturelles et aussi outils pédagogiques pour les habitantes et habitants, comme pour les écoles du quartier.
Nous poursuivrons la transformation végétale des places minérales ; végétaliserons les parkings en silo et désimperméabiliserons les sols partout où cela est possible. À partir du repérage des terrains/parkings/zones inutilisés de la ville (publics ou privés), déjà lancé, nous engagerons leur transformation en parcs ou zones végétales.
Nous encouragerons le développement de jardins individuels et partagés (jardins ouvriers, familiaux, en pied d’immeuble, terrains potagers…) (voir 9.2 « alimentation »).
Nous poursuivrons la transformation de nos cours d’école en « cours-jardin » : 10 cours seront végétalisées d’ici la fin du mandat.
Faire de Poitiers un territoire exemplaire où la biodiversité augmente
De nombreuses actions de prise en compte de la biodiversité sont déjà menées par la collectivité et les différents acteurs du territoire. Il convient d’aller plus loin dans la cohérence et la mobilisation des acteurs autour de la biodiversité.
Faire de Poitiers une ville à biodiversité positive : nous mettrons en mouvement la reconquête du vivant et sa diversité grâce à la préservation et restauration d’écosystèmes essentiels et la multiplication d’aménagements favorables à la biodiversité en ville.
Nous souhaitons faire reconnaître Poitiers en tant que « Capitale Française de la Biodiversité » au cours du mandat. Ce label est à la fois une reconnaissance par l’Office Français de la Biodiversité des meilleures pratiques et un dispositif de sensibilisation et de formation, d’animation territoriale et d’échanges entre acteurs locaux. Par cette démarche structurante, nous fixerons un cap ambitieux pour prendre en compte la biodiversité de façon transversale, dans toutes les politiques publiques et les projets.
Nous soutiendrons la mise en place une stratégie de protection et restauration des zones humides du territoire de Grand Poitiers : évaluation des intérêts écologiques, acquisition et/ou gestion, partenariats techniques et financiers (par exemple avec le Conservatoire d’Espaces Naturels Nouvelle-Aquitaine, le syndicat de rivière Clain Aval), suivis écologiques.
Nous démultiplierons les refuges de biodiversité dans tous les quartiers, en s’appuyant en particulier sur les parcs, espaces verts publics et les jardins partagés, et égrenerons les bons conseils pour la biodiversité en lien avec les associations et maisons de quartier.
Enfin, parmi les nouveaux espaces naturels qui seront créés : nous créerons un cinquième cimetière, un cimetière naturel. Il sera pensé dans le respect du vivant, et sera un lieu de mémoire qui invitera au recueillement tout en tissant un lien apaisant entre le visiteur et la nature.
Renforcer la place de l’animal en ville
Les animaux sont partie intégrante du vivant avec lequel nous devons (ré)apprendre à vivre en harmonie. Si la prise en compte du bien-être animal doit être significativement renforcée dans toutes les politiques publiques en France, comme à Poitiers, nous considérons que maintenir un lien avec l’animal, en particulier dans les zones les plus urbanisées, est une condition essentielle pour entretenir une sensibilité écologique. Ainsi, nous souhaitons que les animaux aient une place dans notre ville, au cœur de nos vies, tant la biodiversité sauvage que les animaux domestiques.
Nous prendrons en compte le bien-être et la bientraitance animale dans toutes nos politiques publiques.
Nous maintiendrons des propositions pédagogiques autour des animaux, tout en préservant le bien-être animal. Pour cela, nous poursuivrons l’amélioration des conditions de vie des animaux du parc animalier du Bois de Saint Pierre, ainsi que l’évolution de notre modèle de parc animalier ; nous redonnerons une place aux animaux dans les jardins et espaces publics, dans une visée pédagogique d’éducation au lien avec l’animal.
Nous renforcerons le soutien aux associations animalistes intervenant sur le territoire de Poitiers.
Nous développerons la place de l’animal dans les espaces et services publics avec particulièrement l’éco-pâturage dans les espaces publics et la présence d’animaux et la médiation animale dans les établissements pour personnes âgées, dans les crèches et les écoles.
8.4 LA RÉSILIENCE COMME FEUILLE DE ROUTE
La résilience d’un territoire, c’est sa capacité à résister, s’adapter et se remettre des perturbations, qu’elles soient naturelles ou humaines. Celles de notre époque sont multiples : changement climatique (vagues de chaleur, inondations), crises mondiales qui impactent nos approvisionnements et font augmenter les prix des dépenses du quotidien. Nous devons anticiper ces risques et mieux nous organiser pour permettre à notre territoire d’être plus robuste et sûr.
Nous souhaitons faire de la résilience une priorité politique intercommunale, dotée d’une instance de gouvernance dédiée : nous construirons une stratégie territoriale de résilience en lien avec les 40 communes de Grand Poitiers et ses habitant·es, structurée autour des communs écologiques et sociaux. Un Comité Territorial de Résilience Locale, une instance publique intercommunale à gouvernance partagée, accompagnera sa conception et sa mise en œuvre.
Nous achèverons le Plan Intercommunal de Sauvegarde, qui permettra de renforcer la préparation des communes face aux crises, et leur solidarité.
Nous nous doterons aussi d’outils permettant de renforcer notre préparation face à d’autres risques connus : numérique, risque cavités. Sur le modèle de la démarche engagée autour des falaises, nous approfondirons la connaissance, la sécurisation et la valorisation (patrimoniale et naturelle) des cavités et falaises qui soutiennent notre belle ville « solide comme un roc » !
Nous mettrons l’accent sur l’information, la formation et la préparation des citoyens face à ces risques. Ainsi, une réserve citoyenne de résilience sera créée pour accompagner la gestion de crise, le maintien des services et la solidarité en cas d’événement extrême, dans la continuité de la journée citoyenne de la résilience. Composée de citoyennes et citoyens formés et prêts à agir aux côtés de la sécurité civile, elle sera en mesure de répondre dans l’urgence aux besoins primaires des habitantes et habitants lors d’événements climatiques inhabituels (inondations, canicules, orages, tempêtes, épisodes de pollutions de l’air ou de l’eau, etc.).
A l’échelle de notre ville, Poitiers se dotera d’un Plan d’adaptation au changement climatique, qui aura pour mission d’anticiper les crises liées au changement climatique et de renforcer nos capacités de gestion de crise. L’enjeu plus global sera que Poitiers soit plus résiliente face au changement climatique. Ce plan prévoira les dispositifs d’information comme des cartes de vulnérabilité, de zones refuges et des modalités d’alerte locale adaptées en cas de crise.
Pour faire face aux vagues de chaleur, nous tisserons un maillage de refuges de fraîcheur et d’entraide à moins de 300 mètres du domicile de chaque Poitevine et chaque Poitevin : espaces végétalisés ou ombragés, lieux publics et privés solidaires, ouverts à toutes et tous en période de forte chaleur, véritables refuges climatiques.
Nous installerons des ombrières fixes ou amovibles dans l’ensemble de la ville pour assurer des zones de fraîcheur partout et pour toutes et tous.
Dans les bâtiments publics les plus vulnérables à la chaleur, nous expérimenterons des solutions comme le revêtement des toitures avec pouvoir rafraîchissant (peinture blanche par exemple) ou la pose d’ombrières, les évaluerons puis répliquerons le dispositif à grande échelle.
Nous installerons de nouvelles fontaines à boire et points d’eau (voir 9.1 « Eau »)