Le logement est un élément fondamental de la vie de chaque poitevine et chaque poitevin. Que l’on soit propriétaire, qu’on aspire à l’être, ou qu’on soit locataire, le logement est aussi un pilier structurant de la qualité de vie, du lien social et de l’attractivité de notre ville.
Face aux défis de la précarité résidentielle et énergétique, de la vétusté du bâti, de la transition écologique et du vivre ensemble, notre action municipale entend s’engager pleinement pour un habitat plus humain, plus responsable, mieux partagé, et qui s’adapte aux changements climatiques déjà à l’œuvre.
Notre ambition est de requalifier durablement l’existant en rénovant les immeubles, les habitations et leur environnement.
Nous voulons favoriser l’implication des habitants dans l’entretien de leur logement et leur cadre de vie. Il s’agira d’articuler politiques d’accession, de rénovation, d’animation sociale, d’aménagement urbain pour que chaque habitant, quel que soit son statut ou son quartier puisse vivre dignement et s’approprier durablement son lieu de vie.
En matière de logement social en particulier, si la Ville peut être fière de son taux de logements sociaux qui permet à plus de 35% des foyers de se loger à des loyers modérés, il lui faut cependant porter une attention toute particulière à son parc locatif public. Il lui faut à la fois prendre soin du bâti, en matière de lutte contre la précarité énergétique et la vétusté des logements. Mais il lui faut aussi prendre soin de ses habitantes et habitants qui voient leur pouvoir d’achat s’atrophier et qui – pour un quart d’entre eux – souffrent d’isolement social et de perte d’autonomie dans l’habitat.
De nombreux enjeux se posent à nous :
- Pour répondre aux besoins en logements, trouver les moyens d’accélérer la production et la réhabilitation du logement social, malgré un modèle économique du logement social à bout de souffle (seulement 5 à 10% de financements publics aujourd’hui)
- Intégrer l’évolution des parcours résidentiels, le logement social étant de moins en moins, aujourd’hui, une période transitoire
- Impliquer collectivement, élu·es, habitantes et habitants, partenaires pour préserver la qualité du logement social, la mixité, les espaces communs et sa vie de quartier.
7.1. ACCÉDER À UN LOGEMENT ADAPTÉ À SES ATTENTES ET À SES BESOINS
Notre politique d’urbanisme et en particulier la production de logements, doit garantir l’adéquation entre les besoins prioritaires du territoire et les projets qui y poussent.
Le logement qu’il soit social ou privé ne répond pas aujourd’hui à toutes les demandes de logement, notamment des habitantes et habitants les plus isolés. En fonction de leur situation, de leurs attentes, ils et elles peuvent vouloir devenir locataires, propriétaires, ou encore accéder à des formes innovantes de vivre ensemble. Nous voulons une ville inclusive qui accompagne et conseille ses habitants dans leurs démarches. Nous voulons expérimenter de nouvelles formes de logement et ainsi développer l’habitat partagé comme solution innovante de mixité sociale et intergénérationnelle.
Maintenir et renforcer la diversité des typologies de logements et la mixité dans la ville
Instaurer un permis de diviser
Dans certains quartiers en tension sur les grandes surfaces et afin de permettre aux familles de continuer à vivre en ville, nous instaurerons un permis de diviser, autorisation préalable avant toute division d’un logement en plusieurs unités, même sans travaux lourds. Il s’agira de limiter les découpes des maisons ou des grands appartements en studios et ainsi de préserver la mixité dans les quartiers les plus soumis à une pression immobilière.
Des exceptions positives seront prévues afin de faciliter l’habitat partagé, la colocation organisée ou la création de petits logements de qualité pour étudiantes et étudiants et personnes âgées.
Dans le logement social : prioriser les soutiens financiers
Nous soutiendrons les efforts de Grand Poitiers pour orienter son règlement financier vers les logements en tension de type T1, T2 et T5. Il faudra être encore plus incitatif afin que les programmes de Logements Locatifs Sociaux (LLS) – qui regroupent l’ensemble des logements sociaux financés par des aides publiques et destinés à être loués à des ménages sous conditions de ressources, avec un loyer réglementé – intègrent tous des grands logements..
Dans le logement privé : poursuivre les efforts pour favoriser la mixité des typologies et des habitants
Aujourd’hui, pour chaque opération immobilière, la Ville de Poitiers demande aux promoteurs de ne pas proposer plus de 50% de petites typologies (T1, T2). De la même manière, il est demandé aux promoteurs de proposer différents modes de financement des logements afin d’avoir une mixité de publics pour chaque nouvelle construction. Ces efforts sont appuyés par la Charte pour un Urbanisme Résilient et il est conviendra de les renforcer dans toutes les opérations de densification et de renouvellement à venir.
Accompagner, faciliter et sécuriser l’accès aux logements et en particulier, les familles monoparentales dont le nombre s’accroît régulièrement.
Être attentif à la typologie des logements, c’est aussi apporter une attention particulière à ces ménages souvent plus fragiles. En effet, disposer de suffisamment de petits et grands logements permet de garantir un parcours résidentiel fluide et de proposer des logements adaptés aux besoins de toutes et tous.
Aujourd’hui, un guichet d’enregistrement des demandes est dédié à ces ménages existe à Poitiers et dans d’autres communes de Grand Poitiers. Il devra redoubler de vigilance pour que la structure du logement soit adaptée à la composition familiale, pour éviter par exemple que la maman seule ne dorme dans la salle à manger.
Faciliter l’expérimentation de collectifs d’habitants souhaitant construire ou rénover un habitat partagé.
Cette forme d’habitat favorise la mixité sociale, l’inclusion, la solidarité et la sobriété foncière. Elle permet de mutualiser des espaces communs sans nécessairement augmenter les mètres carrés dédiés à chaque ménage. Cette démarche permet souvent à des habitantes et habitants qui ne peuvent acheter seul, d’acheter à plusieurs. Elle leur permet aussi de ne plus être seul·es et de se sentir soutenus en cas de fragilité.
La collectivité se mettra à l’écoute des porteurs de projets et pourra offrir un accompagnement à la mise en œuvre du projet.
La colocation sociale : des logements partagés, accessibles et conviviaux
Afin de répondre aux besoins des publics précaires ou jeunes tels que étudiants, jeunes actifs, apprentis, personnes en insertion, familles monoparentales, la ville et ses partenaires bailleurs peuvent encourager, la mise à disposition de grands logements sociaux sous-occupés ou mal adaptés, pour en faire des colocations sociales. La colocation sociale permet de limiter le coût du logement avec la mutualisation des loyers et des charges intégrées (internet, électricité, chauffage, eau, assurance). Elle permet de lutter contre l’isolement en créant du lien social, en proposant un cadre collectif.
La relance des KAPS (Colocations à Projet Solidaire), projet porté par l’AFEV, est une initiative concourant à ce même objectif, que nous soutiendrons (voir partie « vie étudiante »).
7.2. ACCOMPAGNER LA RÉNOVATION DES LOGEMENTS
Pour rénover leurs logements et s’inscrire dans le processus de transition énergétique, les propriétaires, les habitantes et habitants, les copropriétés sont confrontées à des difficultés techniques et financières et recherchent une aide de confiance. Nous proposons d’intervenir en posture d’accompagnement auprès des différents acteurs en leur fournissant conseils techniques, méthodologiques voire financiers pour les rassurer, les aider à agir, pour une meilleure performance énergétique avec des factures réduites et un meilleur confort de logement aussi bien l’hiver que l’été.
Amplifier le dispositif de permanence à destination des propriétaires bailleurs animé par les Points Info Énergie
Nous poursuivrons et soutiendrons le développement de l’offre, du service public d’accompagnement et de conseils apportés par le Point Info Énergie de Grand Poitiers sur la maîtrise de l’énergie et à l’adaptation au vieillissement/handicap dans le logement. Cet effort de rénovation est un levier essentiel pour renforcer l’offre de logement à Poitiers, en contribuant à réduire le nombre de logements vacants et surtout à remettre des logements dégradés sur le marché une fois remis en état.
Il s’agit aussi d’informer les propriétaires sur les dispositifs existants pouvant les inciter à mettre en location leurs logements à des prix modérés en contrepartie d’aides à la rénovation et à la gestion : l’Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat et de Renouvellement Urbain (OPAH-RU), le conventionnement avec l’ANAH , le bail à réhabilitation ou bail solidaire. Cela vient en complément du dispositif Louez Positif de Grand Poitiers et animé par l’ADIL 86.
Renforcer l’accompagnement ciblé des copropriétés de la Ville de Poitiers pour la rénovation énergétique et le choix d’énergies renouvelables dans leurs logements
Les copropriétés, et notamment les plus petites d’entre elles (inférieures à 3 logements), sont fragiles et parfois en grandes difficultés pour répondre aux enjeux de réhabilitation et de rénovation énergétique.
Il est prioritaire de renforcer le lien entre Grand Poitiers, la Ville de Poitiers, et les copropriétés / leurs syndics, autour notamment des enjeux de rénovation du patrimoine, de transition énergétique, mais aussi d’entretien global des espaces publics.
Des dispositifs existent, tels que l’OPAH-RU dans certains quartiers de Poitiers, mais ne sont pas assez connus et identifiés.
Nous organiserons des réunions collectives régulières avec les syndics de copropriétés, les fédérations de copropriétaires et les partenaires conseils institutionnels, avec de comme objectif de développer la connaissance des besoins, et de les aider à mobiliser les dispositifs et aides nationales techniques ou financiers, au service de la réhabilitation énergétique de leurs biens, mais aussi de la production d’énergies renouvelables.
Ce travail d’accompagnement des copropriétés pourra être renforcé et ira de paire avec les opérations de requalification urbaine comme au Pont-Neuf ou à la Cueille Mirebalaise (Voir partie 8.1)
Mobiliser le dispositif gouvernemental « Seconde vie »,
Il vise la réhabilitation énergétique des logements sociaux anciens les plus énergivores par un soutien des bailleurs sociaux qui s’engagent dans les travaux de rénovation (TVA à taux réduit, exonération de taxe foncière, etc.).
Continuer à soutenir notamment financièrement la rénovation du parc de logement social d’Ekidom,
Nous poursuivrons le soutien financier aux opérations de réhabilitation du parc d’Ekidom, afin d’accélérer la remise à niveau de ce patrimoine public.
Nous poursuivrons la réappropriation des bas d’immeubles, par des activités associatives, commerciales, de service, pour ré-insuffler des usages positifs dans certaines zones dégradées, améliorer le bien-vivre dans son quartier, et donc renforcer l’attractivité de logements aujourd’hui délaissés. La Grand’Goule, les Templiers, la place de l’Horloge, ont mobilisé nos efforts : ils doivent se poursuivre !
7.3. DÉVELOPPER DANS LE LOGEMENT SOCIAL, UNE ANIMATION À L’ÉCHELLE DE L’IMMEUBLE ET UNE GESTION AU PLUS PRÈS DES HABITANTS
En 2025, un collectif d’habitantes et d’habitants s’est saisi du droit d’interpellation mis en place par la Ville de Poitiers, pour alerter leur bailleur Ekidom, à travers la municipalité, et demander que leurs difficultés locatives soient mieux prises en compte et traitées. Leur interpellation portait principalement sur deux dimensions : l’entretien courant et la qualité relationnelle au quotidien avec les locataires.
Les propositions formulées par Ekidom (prise en charge du traitement des punaises de lit, nouveaux Domi, modification des accueils pour plus de confidentialité, meilleure communication, proximité, etc.) en juillet 2025 doivent apporter des réponses concrètes aux attentes légitimes exprimées, et la Ville de Poitiers se porte garante du suivi de leur mise en œuvre. Pour le prochain mandat, nous redoublerons de volontarisme et d’exigence pour répondre à ces attentes.
Nous voulons que les habitantes et habitants des logements sociaux qui identifieront des situations à améliorer, trouvent à proximité immédiate de chez eux l’écoute attentive, la prise en compte et la réactivité qui leur garantiront une meilleure qualité de vie au sein de leur logement et dans leur immeuble.
Plus largement, nous encouragerons la vision du logement social comme un collectif de vie, ou l’entraide, le partage et la solidarité renforcent le quotidien des habitants.
Installer des gardiens résidant dans les immeubles d’Ekidom
Nous soutiendrons le déploiement de gardiens au sein des résidences d’Ekidom.
Remettre des gardiens dans les immeubles sociaux, c’est investir dans la cohésion sociale, la tranquillité et la qualité de vie et rappeler quotidiennement aux habitantes et habitants que leur bailleur social les accompagne. C’est une réponse aujourd’hui indispensable au besoin de proximité et d’amélioration du cadre quotidien, exprimé avec force par les habitantes et habitants.
Leurs missions seront multiples :
- Faciliter les relations locataires/bailleur
- Suivre des travaux dans les logements vacants
- Suivre des travaux d’entretien courant
- Assurer la tranquillité des locataires et les médiations du quotidien
- Signaler les situations anormales pour un traitement rapide
- Assurer l’entretien des parties communes, soit en direct, soit en suivant les prestataires pour garantir la qualité des prestations.
Il s’agira aussi de sensibiliser les locataires quant à leurs droits, autant qu’à leurs devoirs.
Nous encouragerons le recrutement à titre prioritaire d’habitantes et habitants actuels d’Ekidom : ils disposent de la connaissance des enjeux des immeubles collectifs sociaux et seront à même de les mobiliser en tant qu’agents.
Renforcer l’autonomie des locataires du logement social
Nous voulons donner aux locataires les moyens de prendre en charge, par eux-mêmes, le petit entretien de leur logement, de l’électroménager, etc. Par l’entraide, l’échange de savoirs, il s’agit de s’inscrire globalement dans une ambition d’émancipation.
Nous développerons l’animation en pied d’immeuble dans le but de coordonner la mutualisation de matériel de bricolage, d’organiser des ateliers de bricolage et d’accompagner les locataires à l’entretien des logements et du cadre de vie. Ceci peut prendre la forme d’une régie de quartier, développée en partenariat entre plusieurs acteurs, selon les situations (Ville, bailleurs, structures d’insertion…). Les effets induits permettront de lutter contre l’isolement social et la perte d’autonomie des habitantes et habitants dans le logement.
Renforcer les dispositifs de médiation comme avec les arpenteurs mais aussi de médiation/sanction avec la brigade verte
Nous renforcerons les dispositifs de médiation afin de contribuer à la propreté de tous les quartiers de la ville et en particulier de limiter les incivilités et la présence d’encombrants et de déchets dans l’espace public (voir 6.3 « Gestion de la propreté et des déchets »).
Créer un événement culturel, éducatif et participatif autour du logement social : « Le logement social, notre patrimoine public à préserver! »
7.4. POUR L’HÉBERGEMENT D’URGENCE, DES SOLUTIONS IMMÉDIATES ET ADAPTÉES
L’hébergement d’urgence des personnes sans-abri est une compétence de l’Etat et des départements, définie par la loi. Mais à la veille de la rentrée scolaire 2025, au niveau national, au moins 2 159 enfants et leurs familles, dont 503 de moins de 3 ans, sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115. Sur le département de la Vienne, au deuxième trimestre 2025, le 115 a pourvu environ 44 % des demandes. La Ville de Poitiers, jusqu’à présent, a fait le choix du logement de familles sans papiers dont les enfants sont scolarisés dans ses écoles, sans pouvoir couvrir tous les besoins.
Nous envisagerons des formes innovantes d’hébergement pour développer des dispositifs d’hébergement d’urgence. Pour cela, nous nous appuierons sur ce qui a été entrepris à Tours ou à Lyon et Villeurbanne.
Mobiliser le patrimoine municipal pour mettre à l’abri les plus précaires
Nous poursuivrons la politique de mise à disposition de locaux au sein du patrimoine municipal, ainsi qu’au financement des charges courantes, tout en sollicitant l’appui de Grand Poitiers.
Il sera essentiel de compter sur la collaboration avec l’Etat, dans le financement des associations qui assurent la prise en charge et l’accompagnement au quotidien des personnes hébergées.
Mettre en place une « protection humanitaire » dans des logements ou des locaux temporairement vacants
Nous expérimenterons la mobilisation de locaux transitoirement vacants pour déployer des solutions de mise à l’abri d’urgence répondant aux standards minimaux de l’humanitaire : accès à un espace privatif, à l’eau, à l’alimentation, à l’hygiène, à la santé et à la protection. Ce type de solution a pu être expérimenté à Lyon.
Des rencontres avec les différents acteurs et des visites organisées sur place permettront de nourrir l’étude des possibilités d’hébergement d’urgence sur le territoire communal de Poitiers.