Pour… Une ville qui préserve et maîtrise ses ressources essentielles

Piloter notre apport en eau potable pour une quantité suffisante et une qualité optimales, maîtriser les approvisionnements agricoles de notre territoire pour une alimentation saine de proximité, favoriser l’accès à des énergies décarbonées : la santé, le confort et la sécurité des habitants en dépendent.

En contrôlant ces ressources, notre territoire peut mieux faire face aux crises et éviter de trop dépendre d’autres régions ou pays éloignés, tout en créant des emplois locaux.

Une telle gestion permet de produire et consommer de manière plus responsable, tout en nous préparant à l’avenir. Maîtriser nos ressources rend notre ville plus autonome et durable.

9.1. L’EAU, UN BIEN PRÉCIEUX À PRÉSERVER

L’accès des habitantes et habitants de Poitiers à une eau potable de qualité, en quantité suffisante : c’est un principe essentiel, vital.

Mais depuis ces dernières années, la sécheresse frappe de plus en plus notre territoire. Les arrêtés de restriction d’eau se multiplient à Poitiers et Grand Poitiers. Cette situation devrait s’aggraver sous les effets du changement climatique en action. Pour protéger notre ressource aujourd’hui et anticiper les restrictions de demain, il faut agir !

Gérer nos consommations d’eau, éviter les gaspillages sont indispensables. Point positif : le réseau d’eau potable de Grand Poitiers affiche 18 à 20% de fuites, un taux reste très inférieur à la moyenne nationale de 30% ! Ce bon résultat doit se poursuivre.

Veiller sur la ressource en eau, c’est aussi l’affaire de tous les usagers, habitantes et habitants, entreprises, activités agricoles… Nous proposons de mieux les informer, plus fréquemment, et de valoriser les initiatives qui protègent notre ressource.

La qualité de l’eau potable reste un souci constant. Notre santé en dépend ! Avec plus de 3000 analyses réalisées chaque année, l’eau potable de Poitiers respecte actuellement les exigences sanitaires. Des contaminations ont cependant déjà rendu sa consommation impropre. Les pesticides utilisés près des zones de captage de l’eau potable en sont souvent la cause.

Nous devons poursuivre et renforcer la protection de ces zones. Leur protection s’organise grâce aux actions du Projet Alimentaire Territorial. Ce projet offre de nouveaux débouchés aux agriculteurs qui s’engagent à respecter la ressource en eau.

Le coût ne doit jamais freiner l’accès à cette ressource essentielle. Le prix de l’eau à Grand Poitiers reste modéré : 4,11 € par m³ contre 4,34 € par m³ en moyenne nationale. Cette situation doit être préservée, nous proposons d’aller vers une tarification plus juste et plus solidaire.

Maîtriser nos usages de l’eau et protéger la qualité de notre ressource

Nous poursuivrons la politique volontariste de Grand Poitiers sur le bon entretien des réseaux d’eau potable, la lutte contre les fuites et le remplacement des derniers branchements au plomb.

Nous poursuivrons les actions du Projet Alimentaire Territorial qui visent à protéger les zones de captage d’eau potable (voir 9.2 « Alimentation »).

Nous commencerons par mieux informer les habitants : envoi plus fréquent des relevés de consommation d’eau pour détecter les fuites, diffusion renforcée d’informations sur la qualité de l’eau potable et les mesures prises pour la garantir.

Réutiliser l’eau de pluie au plus près de nos usages et mieux la laisser s’infiltrer

Nous encouragerons l’installation de récupérateurs d’eaux de pluie des toitures, tant dans les bâtiments publics que dans des bâtiments privés. Pour les constructions neuves, nous systématiserons la récupération des eaux pluviales.

Améliorer l’accès à l’eau pour toutes et tous

L’accès à l’eau potable dans l’espace public est un droit fondamental. Nous nous engageons à favoriser l’accès à l’eau pour tous les habitants de Poitiers par le déploiement de fontaines à boire publiques, dans les lieux à forte densité de population et à forte exposition à la chaleur.

Nous proposerons une révision de la tarification de l’eau payée par les habitants pour plus de sobriété et de justice sociale.

9.2 MAÎTRISER NOTRE APPROVISIONNEMENT ALIMENTAIRE AVEC DES PRODUITS LOCAUX, SAINS, ACCESSIBLE À TOUTES ET TOUS

Tous les habitants de Poitiers doivent avoir accès à une alimentation saine, de qualité et produite localement. C’est un enjeu de sécurité, de santé, d’économie locale : en un mot, de souveraineté alimentaire. Nous intégrerons la sécurité alimentaire dans la stratégie territoriale de résilience, afin de répondre à anticiper tous les enjeux inhérents à notre grande dépendance aux importations alimentaires, en lien avec une réflexion stratégique à échéance déterminée (2035 à titre indicatif).

Les besoins alimentaires du territoire, y compris pour la restauration collective, ne pourront être couverts sans créer les conditions d’un modèle viable, stable, soutenu techniquement et politiquement.

Pour y parvenir, nous nous inscrirons dans le cadre des travaux du Projet Alimentaire Territorial (PAT) de Grand Poitiers. Nous mobiliserons les acteurs engagés dans le PAT autour d’une ambition à tous les niveaux : développer la production, structurer les maillons manquants et les filières locales, développer la distribution et l’approvisionnement de la restauration collective comme des particuliers.

Nous accompagnerons les exploitants agricoles de notre territoire pour garantir l’approvisionnement de notre restauration collective en produits locaux de qualité, et issus de l’agriculture biologique. Nous choisissons une commande publique responsable au service de la transition écologique, du développement économique local et de l’insertion. Pour un ancrage durable de leur activité, nous considérons que la viabilité économique de leur exploitation est une condition majeure.

Nous renforcerons la structuration des filières alimentaires, notamment par l’appui à la mutualisation de services logistiques et de transformation. Nous encouragerons ainsi le développement de débouchés locaux.

L’agriculture urbaine fait partie des leviers à actionner. La ville peut (re)devenir nourricière. Nous continuerons à soutenir un réseau d’agriculture urbaine. Ils sont déjà plusieurs à travailler et à fournir des fruits, des légumes, de la viande ou des services d’entretien (fauchages d’espaces verts par des moutons). Toutes ces activités peuvent faire l’objet d’activités à visée pédagogique destinées aux enfants.

Seconde priorité : la solidarité alimentaire.

À Poitiers, plus d’un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Dans un contexte d’inflation alimentaire, d’épuisement des aides caritatives et de fragilité structurelle des petits producteurs, l’accès à une alimentation saine et locale est un enjeu majeur de justice sociale. Nous soutiendrons une expérimentation locale de la sécurité sociale de l’alimentation (SSA), dans la perspective d’une généralisation nationale, en lien notamment avec les épiceries sociales associatives locales.

Dynamiser les productions alimentaires locales

Nous continuerons à favoriser l’installation de productrices et de producteurs agricoles (maraîchers et éleveurs). Nous poursuivrons le soutien qu’elle apporte à l’installation en partenariat avec la SCIC de la Ceinture verte Centre Vienne. Nous continuerons également son partenariat avec l’association le Champ du partage qui propose des périodes et des espaces tests pour que des candidats à l’installation puissent valider leur projet.

Nous encouragerons le développement d’infrastructures intermédiaires capables d’assurer la transformation, la conservation et la distribution des produits locaux. Nous finaliserons le projet d’atelier de transformation de viande en SCIC « Atelier des vallées ». Nous ferons aboutir un projet de légumerie communautaire déjà lancé.

Nous étudierons le déploiement d’une coopérative intercommunale de logistique. Aujourd’hui, chaque producteur assure souvent lui-même la livraison de ses produits, ce qui est chronophage, énergivore et économiquement inefficace. Les petites structures (AMAP, épiceries solidaires, restauration collective) peuvent aussi manquer de solutions pour centraliser tous les approvisionnements. Nous interviendrons en collaboration avec des acteurs comme l’association CAPEE qui coordonne les acteurs de l’aide alimentaire. À Grand Poitiers, plusieurs initiatives logistiques ont émergé (SCIC Ceinture Verte, réflexion sur chambre froide mutualisée), mais elles restent dispersées. Le modèle RESALIS (Deux-Sèvres), qui mutualise collecte, stockage, conditionnement et distribution entre producteurs et acheteurs de proximité, constitue une inspiration pertinente.

Nous étudierons aussi la création d’un magasin de producteurs coopératif dont la collectivité serait partie prenante, toujours dans une logique de mutualisation avec les producteurs, et inciterons à l’accueil de marchés de producteurs dans chaque quartier de la ville.

Pour une restauration collective exemplaire

La restauration collective est un levier majeur d’égalité face à une alimentation de qualité, mais aussi pour soutenir la dynamique agricole et son évolution vertueuse sur notre territoire. C’est le sens du vaste programme de relocalisation des marchés publics alimentaires enclenché sur la précédente mandature, avec les principaux acteurs publics du territoire comme le CHU ou le CROUS. Cette ambition sera poursuivie et renforcée afin d’assurer une très grande qualité des produits distribués auprès de tous les bénéficiaires de la restauration collective : écoliers, personnes âgées, bébés en crèche… Nous poursuivrons les contrats pluriannuels de production, dans lesquels la collectivité s’engage pour 3 ou 5 ans auprès de maraîchers locaux en agriculture biologique pour alimenter la restauration collective.

Pour notre restauration collective, nous visons :

  • 100% de produits locaux et/ou biologiques d’ici à 10 ans.
  • Une restauration collective zéro déchets d’ici la fin du mandat.

« Du végétal dans nos assiettes » : les cantines scolaires proposent actuellement deux repas végétariens par semaine aux enfants, déjà un de plus que les préconisations de la loi EGALIM. Dans le cadre de la construction de la troisième cuisine centrale, nous proposerons d’aller plus loin et inviterons les parents qui le souhaitent à choisir une option végétarienne intégrale en début d’année, avec un tarif incitatif.

La municipalité est signataire de la charte ETICA, qui assure la prise en compte de la bientraitance animale pour les viandes servies dans la restauration municipale. Cet engagement visant le bien-être animal et une offre de choix pour une alimentation végétarienne copieuse et diversifiée sera renouvelé chaque année.

Lutter contre la précarité alimentaire étudiante (voir 1.6 Vie étudiante)

Nous porterons, avec la Région Nouvelle-Aquitaine, le projet de Campus de l’alimentation, sur le territoire de Grand Poitiers, qui proposera des formations dédiées à la restauration collective pour une alimentation saine et respectueuse. Ce Campus sera une école d’application, qui permettra de former les apprenantes et les apprenants à une cuisine réelle, qui constituera la troisième cuisine centrale de Poitiers. Cet outil sera mutualisé avec d’autres communes de Grand Poitiers.

Pour une agriculture urbaine pensée avec les habitants

Nous encouragerons le développement de jardins individuels et partagés (jardins ouvriers, familiaux, en pied d’immeuble, terrains potagers, vergers…) en renforçant notamment la coopération avec les bailleurs, syndics et associations de quartier, afin de garantir l’accès à des espaces nourriciers accessibles à 15 minutes de chez soi.

Nous renforcerons l’accès et la visibilité des jardins partagés en lien avec les associations gestionnaires et tenterons de mobiliser du foncier municipal dans les zones avec les plus longues listes d’attentes pour augmenter les parcelles disponibles.

Nous systématiserons la plantation dans l’ensemble des quartiers et des parcs des arbres fruitiers, des massifs composés de plantes aromatiques, de légumes, y installerons des panneaux permettant à toutes et à tous de repérer par exemple ce qu’est un fruit mûr et quand le consommer. S’appuyer sur l’expertise des agents des espaces verts pour proposer des temps de « petits conseils pratiques » aux habitants.

Nous renforcerons la fonction de « Référent·e agriculture urbaine » dans la ville de Poitiers : pour recenser les espaces nourriciers en ville, appuyer leur développement, accompagner l’accès et les pratiques du potager en ville.

9.3. RÉDUIRE NOS CONSOMMATIONS D’ÉNERGIE ET DÉVELOPPER LA PRODUCTION D’ÉNERGIES RENOUVELABLES LOCALES

Pour protéger ses habitants et prendre sa part dans cet enjeu majeur de notre siècle, Poitiers a choisi de s’engager pleinement dans la lutte contre le changement climatique. A l’échelle de Grand Poitiers, 85% des émissions de gaz à effet de serre du territoire proviennent des besoins en énergie, pour se déplacer, se chauffer, s’éclairer et faire fonctionner toutes les activités commerciales, tertiaires et industrielles. A l’origine de nos émissions, on retrouve surtout la consommation d’énergies dites fossiles, que sont les produits pétroliers (carburants des véhicules, fioul pour chauffer les logements) et le gaz (chauffage des bâtiments, cuisson, etc.).

Nous souhaitons que Poitiers s’engage pleinement à mettre en œuvre les actions du Plan Climat Air Énergie de Grand Poitiers, tout juste adopté en 2025. Nous poursuivrons les actions menées pour maintenir le label « Gold 5 étoiles » Climat Air Energie, score maximal obtenu par Grand Poitiers dans le cadre de la démarche « Territoire Engagé pour la Transition Écologique » animé par l’ADEME. Ce niveau matérialise les progrès réalisés par la collectivité en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’amélioration de la qualité de l’air et de transition énergétique.

Nous voulons poursuivre et accélérer l’engagement de notre ville dans la transition énergétique.

Cela revient à d’abord réduire nos consommations d’énergie, par des actions de sobriété et d’efficacité énergétique. L’extinction nocturne de l’éclairage public sera maintenue tout en l’adaptant si nécessaire (voir 5.2 Sécurité). Nous prolongerons l’optimisation des consommations d’énergie dans nos bâtiments publics.

Réduire nos consommations d’énergie, c’est aussi économiser pour pouvoir résister aux augmentations des prix de l’énergie, très fortes en 2022. Ces soubresauts récents de nos factures d’énergie l’ont montré : pour anticiper d’autres dérapages de nos dépenses d’énergies, la maîtrise de nos consommations est indispensable.

Nous nous engageons à renforcer l’accompagnement de nos habitantes et habitants, en tenant compte de leurs marges de manœuvre, différentes selon que l’on est propriétaire ou non de son logement. Nous lancerons une tournée de l’énergie dans tous les quartiers, diffuserons les conseils techniques et l’information sur les aides financières, au plus près de chez eux, et qui s’adapteront aux situations rencontrées. Nous associerons à cette tournée des professionnels de confiance pour expliquer et montrer les solutions les plus efficaces et adaptées.

Agir pour la transition énergétique, c’est aussi développer les énergies renouvelables en substitution aux énergies carbonées.

Nous poursuivrons les grands programmes de déploiement des réseaux de chaleur, l’installation de panneaux photovoltaïques, en encourageant les projets portés par des collectifs citoyens ou le financement participatif local.

Renouveler les mesures de sobriété et de déploiement des énergies renouvelables dans les équipements de la collectivité

Nous poursuivrons le pilotage intelligent des consommations énergétiques des bâtiments de la collectivité : continuer le déploiement d’outils (capteurs…) pour assurer un pilotage fin de chaque bâtiment, suivre les consommations et les réduire autant que possible. Nous systématiserons l’automatisation des extinctions quand ils ne sont pas occupés..

Nous poursuivrons le développement des réseaux de chaleur interconnectés dans Poitiers pour alimenter en chaleur renouvelable les bâtiments collectifs importants du centre ville de Poitiers (CHU, Hôtel de Ville, Palais, préfecture, hôtel de département, etc.), pour valoriser la chaleur de récupération de la future Unité de Valorisation Énergétique dite UVE[^1] (qui sera plus importante que l’actuelle) et pour contribuer à l’objectif de viser un patrimoine à énergie positive pour la Ville de Poitiers.

Nous porterons un plaidoyer pour permettre l’implantation des panneaux solaires dans le centre ville et le périmètre du « plan de sauvegarde et de mise en valeur », qui fixe les règles applicables dans les sites patrimoniaux remarquables.

Nous encouragerons le déploiement de projets photovoltaïques, tels ceux portés par la société Grand Poitiers Photovoltaïque, qui visent la production d’une énergie locale et ouverte au financement participatif des citoyens. Nous poursuivrons l’incitation au développement de l’autoconsommation photovoltaïque.

Nous accompagnerons le déploiement de la méthanisation sur le territoire de Grand Poitiers, selon des modèles responsables. Elle sera mobilisée pour alimenter les bâtiments publics, les habitantes et habitants et les bus de ville en gaz renouvelable, produits en proximité, à la place de « gaz naturel », d’origine fossile et produit en dehors de nos frontières.

Mobiliser et entraîner les habitantes et habitants, en plus de tous les acteurs du territoire

Nous lancerons une tournée de l’énergie dans chaque quartier de la ville de Poitiers : au moins 10 séances d’information par an pour aider les habitantes et habitants à économiser l’énergie dans les logements et les adapter pour qu’ils restent confortables en hiver comme en été. Ces séances seront organisées avec l’appui des Points Infos Énergie et en concertation avec les fédérations professionnelles d’artisans, institutions de type ADEME, associations locales, acteurs de médiation de type Pimms… Nous rendrons plus visible et accessible la transition énergétique au quotidien, par des campagnes dédiées d’information concrète et pédagogique (panneaux).

Nous faciliterons le changement de mode de chauffage des logements des habitantes et habitants vers des équipements durables, par un accompagnement renforcé des Points Info Énergie et en lien avec les fédérations professionnelles. Nous encouragerons la poursuite des aides aux particuliers dans le cas de travaux réalisés par des entreprises locales pour l’isolation des logements avec des matériaux bio-sourcés et pour l’équipement en modes de chauffage renouvelable (chaufferie bois, insert, etc.).

Par une meilleure information et un accompagnement, nous inciterons les habitants de Poitiers d’un même quartier à se regrouper pour l’achat d’installations ou d’équipements pour la rénovation énergétique ou le choix d’énergies renouvelables dans leurs logements (coopératives d’achats par exemple).

Nous soutiendrons l’installation d’équipements photovoltaïques sur les espaces et équipements publics avec les habitants de Poitiers, par l’appui de projets citoyens d’énergies renouvelables et/ou des mécanismes de placements d’épargne citoyenne.

Nous accompagnerons les copropriétés de la Ville de Poitiers pour la rénovation énergétique et le choix d’énergies renouvelables dans leurs logements (voir 7.2 Rénovation des logements).