Cachez cette misère que je ne saurais voir

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Cachez cette misère que je ne saurais voir

Retrouvez ci-dessous la réaction du groupe Poitiers Collectif suite aux verbalisations des personnes sans-abri à Poitiers.

Avec la mise en place d’un partenariat entre la Préfecture de la Vienne et la Ville de Poitiers, des patrouilles composées de policiers municipaux et de policiers nationaux sillonnent la ville. Depuis début juillet, on observe une répression plus forte sur les personnes marginalisées et sans domicile fixe notamment dans le centre-ville.

La volonté du maire Anthony Brottier est claire : “les déloger” selon les policiers interrogés.

Harceler et invisibiliser pour seule réponse à la grande précarité dans l’espace public.

Le groupe Poitiers Collectif déplore cette posture : déplacer la misère ne constitue pas une politique sociale.

La simple répression policière accentuée ne fait que déplacer le problème, voire pire, l’accentue.
Il faut s’attaquer aux véritables sources pour une solution de longue durée et respectueuse.

Certaines situations de violence nécessitent une réponse, et, dans ces cas-là, la sécurité est un enjeu.

Mais le tout-répression ne constitue pas une réponse crédible et durable.

Pour proposer des alternatives aux personnes à la rue, certaines solutions mises en place par la municipalité depuis 2020 méritent d’être pérennisées et renforcées :

  • Soutien à l’accueil de jour associatif du Secours Catholique en centre-ville ;
  • Soutien, notamment via une subvention annuelle municipale de 100 000 €, à l’ouverture d’un accueil de jour professionnel géré par la Croix Rouge ;
  • Maintien du Relais Charbonnier en centre-ville, avec forte intervention de la Ville pour le garantir

Nous interpellons M. le Maire : peut-il garantir que ces orientations seront confortées ?

Nous proposons aussi d’aller plus loin :
Renforcer les éducateurs et éducatrices de rue du CCAS ;
Renforcer le rôle des partenaires du Relais Charbonnier (CHU, CH Laborit) dans la prévention et le “aller vers” en matière de santé dans l’espace public.

Les élu·es du groupe Poitiers Collectif saluent le travail formidable des acteurs et actrices du lien social
et de la prévention sur notre territoire.


C’est le rôle des collectivités de l’encourager et de prioriser l’accompagnement, le lien humain,
la lutte contre la précarité et le refus de stigmatiser une partie de la population.

Encore une fois, ces choix démontrent qu’Anthony Brottier ne porte pas un projet de justice sociale et de protection des plus précaires. Il choisit délibérément de cacher la misère plutôt que la combattre, de soigner le décor mais pas les causes. Il est à espérer que les mesures prises aujourd’hui n’ouvrent pas une fenêtre sensible : celle de la pénalisation de la mendicité et des solutions parfois inhumaines qui l’accompagnent.