Depuis 2018, une aventure collective au service de Poitiers
Poitiers Collectif est né en 2018, à l’initiative d’un groupe de citoyennes et de citoyens désireux de proposer une vision plus jeune, plus dynamique et plus ouverte de la politique locale. Ce collectif a grandi, mobilisé, organisé des rencontres et des débats, jusqu’à faire émerger une envie collective forte : changer les règles de la politique locale pour construire un programme et un projet portés directement par les habitant·es.
En 2019, cette démarche participative se structure autour d’un principe fondateur :
« Le programme avant les têtes, les têtes avant la tête, la tête au service du collectif ».
Avec la participation de personnes de tous âges et de tous horizons, Poitiers Collectif renverse les fonctionnements politiques habituels et invente un autre chemin.
Aujourd’hui encore, ce parcours est cité comme un modèle par de nombreuses initiatives citoyennes à travers la France, désireuses de reprendre la main sur la politique locale. Tête de pont du mouvement des Listes Citoyennes et Participatives, Poitiers Collectif expérimente, apprend, corrige, avance, avec l’ambition constante de réenchanter la politique.
Cette démarche s’inscrit dans le sillage du municipalisme, une pensée politique portée notamment par Murray Bookchin, qui propose une nouvelle manière de faire de la politique au plus proche des territoires. Dans un contexte marqué par une abstention croissante, la montée des extrêmes, et une défiance durable envers les institutions (cf. baromètre de la confiance politique – CEVIPOF), les citoyennes et citoyens réunis dans Poitiers Collectif affirment que c’est à l’échelle locale que peut se reconstruire une démocratie vivante, en dialogue avec mais aussi en marge des appareils partisans traditionnels.
2020 : une victoire citoyenne historique
En mars 2020, Poitiers Collectif remporte les élections municipales. Cette victoire marque un tournant majeur dans l’histoire politique locale : après près de 45 années de gestion socialiste, une liste citoyenne construite autour de la participation des habitant·es prend les rênes de la ville. Cette élection n’est pas le fruit d’une candidature solitaire ou d’un appareil politique, mais d’un projet collectif mûri durant près de deux ans, à partir du terrain, des besoins exprimés, et d’une méthode profondément renouvelée.
Le programme mené par Poitiers Collectif s’est appuyé sur trois piliers structurants :
- l’écologie, comme exigence de transformation concrète face à l’urgence climatique et l’érosion de la biodiversité,
- la justice sociale, pour répondre aux inégalités et renforcer la cohésion sociale dans tous les quartiers,
- la démocratie, vécue au quotidien, fondée sur l’écoute, la participation et le partage des responsabilités
- le développement local et rayonnement du territoire, pour valoriser nos richesses économiques, sportives, culturelles, associatives.
Une fois aux responsabilités, les élu·es issu·es de cette dynamique – citoyen·nes engagé·es, militant·es associatifs, membres de partis politiques – se sont attaché·es à traduire ces engagements dans les politiques publiques, à travers des décisions locales ambitieuses et des pratiques politiques plus ouvertes, et une partenariat affirmé avec les acteurs du territoire. Le travail engagé se fait dans la durée, avec des marges de manœuvre parfois limitées, mais toujours avec persévérance, écoute, exigence et clarté sur les objectifs.
Cette première expérience municipale confirme qu’il est possible de gouverner autrement, de faire de la coopération un vrai projet politique, sans céder aux injonctions gestionnaires ni aux replis identitaires, en mettant les habitant·es au cœur de la décision politique.
Vers 2026 : prolonger la dynamique
Une nouvelle campagne, une méthode renouvelée
Convaincus qu’un mandat de six ans ne suffit pas pour rendre une ville pleinement résiliente face aux défis sociaux, écologiques et démocratiques, Poitiers Collectif a engagé dès le printemps 2024 une réflexion collective sur l’avenir, en vue des élections municipales de 2026.
Entre février et septembre 2024, les membres de la majorité municipale – comprenant des représentant·es de Poitiers Collectif, mais aussi des Écologistes, du PCF, de Génération·s, de Génération Écologie et de Nouvelle Donne – se sont réunis à plusieurs reprises pour définir une méthode de travail commune. Ce groupe a été élargi à des membres locaux de chaque organisation, ainsi qu’à des membres de l’association Poitiers Collectif non élu·es. À partir d’une proposition initiale détaillant un calendrier, une gouvernance et un déroulé de la campagne, des ajustements ont été collectivement validés.
A l’unanimité, il a notamment été acté que Léonore Moncond’huy serait tête de liste en 2026, en tant que garante du collectif, afin d’assurer une continuité et de ne pas mobiliser inutilement les énergies sur une désignation qui aurait pu sembler jouée d’avance. Il a aussi été acté que Poitiers Collectif serait le cadre citoyen dans lequel la campagne se tiendrait, avec le soutien des organisations politiques qui le souhaitent.
La période septembre 2024-décembre 2024 a été consacrée aux rencontres avec les organisations de gauche qui ne soutiennent pas la majorité actuelle. L’objectif était de leur présenter notre base de démarche, leur proposer d’y participer, et le cas échéant recueillir leurs éventuels ajustements (voir ci-dessous).
Un groupe de coordination, rassemblant l’ensemble des partenaires, se réunit depuis septembre 2024 tous les 15 jours pour piloter cette nouvelle campagne, dans une dynamique ouverte et collective.
Le 31 janvier 2025, lors d’une soirée des voeux ouverte et festive, Poitiers Collectif lance officiellement et publiquement la campagne municipale de 2026, en invitant largement à rejoindre les 10 groupes de travail qui construiront le programme. Ouverts à toutes et tous, ces groupes visent à prolonger la dynamique de 2020 : associer les habitant·es aux décisions politiques, dès l’écriture du projet.
Dans la continuité de ses principes fondateurs, Poitiers Collectif affirme qu’il ne s’agit pas de construire un “Nouveau Front Populaire poitevin”, qui reproduirait à l’échelle locale les jeux de pouvoir politiciens trop souvent éloignés des préoccupations des habitant·es. Il s’agit au contraire de faire de la politique autrement, une démarche pour Poitiers, par Poitiers, qui part du terrain et de l’engagement des poitevines et des poitevins, et ne dépend pas de logiques nationales.
C’est pourquoi Poitiers Collectif est, et entend rester, une liste citoyenne soutenue par des organisations politiques, et non une simple addition d’étiquettes partisanes. Ce soutien est précieux, mais il ne doit jamais prendre le pas sur la méthode, sur le collectif, et sur l’ouverture à toutes celles et ceux qui souhaitent s’engager en dehors des cadres habituels.
Dialogues et recompositions à gauche
Des échanges avec les autres partis de gauche
Afin d’expliquer sa démarche avant qu’elle soit rendue publique, et de recueillir les observations des organisations qui souhaiteraient y participer, Poitiers Collectif a organisé des rencontres avec plusieurs forces de gauche non présentes dans la majorité actuelle en amont de l’annonce publique :
- 13 novembre 2024 : Rencontres avec Place Publique et le PS départemental
- 12 décembre 2024 : Rencontre avec La France Insoumise
Chaque organisation rencontrée a pris acte de la démarche. Certaines ont précisé que leurs décisions locales ne pourraient être prises qu’après validation nationale, possiblement à l’automne 2025.
Des évolutions dans les équilibres locaux
En janvier 2025, le PCF – qui participait à la majorité municipale et disposait de deux sièges au sein du groupe de coordination de Poitiers Collectif – a choisi de se retirer de la démarche pour engager de son côté des discussions avec d’autres forces de gauche et collectifs.
📩 Le 21 février 2025, Poitiers Collectif reçoit un courrier d’un représentant de La France Insoumise annonçant la création d’une nouvelle structure locale : Poitiers Populaire.
📅 Le 18 mars 2025, Poitiers Collectif est invité par le PCF à une réunion ouverte des partis et collectifs de gauche.
Le compte rendu de cette réunion par un membre de Poitiers Collectif souligne la diversité des positions exprimées :
- Le PCF affirme ne pas vouloir partir seul,
- Le PS évoque la pluralité de la gauche lors des mandats de Jacques Santrot,
- La France Insoumise insiste sur l’importance des idées avant les arrangements,
- Certains regrettent un manque de concertation de la part de Poitiers Collectif,
- Des membres de Poitiers Collectif rappellent le cadre et les valeurs de la démarche citoyenne.
Malgré des divergences de ton et de stratégie, le dialogue reste ouvert, notamment avec des membres de LFI qui ont reconnu les avancées du mandat sur la participation citoyenne et la transition écologique, tout en appelant à aller plus loin sur le social et l’association des quartiers.
Été et rentrée 2025 : avancer sans brûler les étapes
L’été 2025 n’a pas été un temps mort pour Poitiers Collectif. C’est pendant ces mois que nous nous sommes pleinement consacrés à la rédaction du programme, avec l’idée simple mais exigeante de nous doter d’un socle solide avant d’envisager toute discussion plus large.
Dans le même temps, plusieurs organisations de gauche ont exprimé le souhait de se rencontrer pour travailler à une union et à un programme commun. Nous avons pris ces demandes au sérieux, tout en posant un cadre clair : tant que notre programme n’était ni finalisé ni voté, il n’était pas possible d’aller plus loin. Ce vote est intervenu lors de la plénière du 7 octobre 2025, marquant une étape importante de notre chemin collectif.
Pour autant, Poitiers Collectif n’est jamais resté dans l’attente. Afin de maintenir le dialogue et de continuer à avancer, nous avons accepté des rencontres bilatérales avec les mouvements qui le souhaitaient.
Nous avons ainsi rencontré Place Publique, notamment pour échanger sur le bilan du mandat, ainsi que Poitiers Populaire, le 2 octobre, afin de réaffirmer notre volonté d’explorer un élargissement, tout en rappelant qu’aucune décision ne pouvait être prise avant le vote du programme.
Poitiers Populaire est une association créée en février 2025 soutenue par La France Insoumise, Debout et L’Après.
Une interpellation politique et la recherche d’un cadre commun
Le 29 septembre, Poitiers Populaire, le NPA et le PCF adressent à la Maire de Poitiers une « adresse » l’invitant à « prendre ses responsabilités » pour favoriser l’union. Cette interpellation est partagée au sein de la coordination de Poitiers Collectif.
Dans ce contexte, Léonore Moncond’huy propose de réunir l’ensemble des organisations de gauche et écologistes de la ville, avec un mandat assumé : travailler à l’ouverture la plus large possible, de La France Insoumise (et du NPA) à Place Publique, sans exclusive.
4 novembre : poser les bases du dialogue
Cette rencontre a lieu le 4 novembre. Toutes les organisations de gauche de Poitiers sont présentes, à l’exception du Parti Socialiste, pourtant invité. Chacune peut alors exposer sa position, ses attentes, mais aussi ses lignes rouges.
Un constat s’impose rapidement : la quasi-totalité des organisations se disent favorables à une union large des forces de gauche. Des nuances existent toutefois.
Place Publique exprime sa volonté d’une union locale, tout en rappelant les contraintes imposées par sa direction nationale, qui exclut une alliance avec La France Insoumise au premier tour. Reste à voir si des dérogations peuvent être envisagées.
De leur côté, Poitiers Populaire, le PCF, le NPA et LFI partagent une position claire : ils ne souhaitent pas être intégrés à Poitiers Collectif, mais entendent conserver leur identité et leur nom dans le cadre d’une éventuelle liste commune. Cela impliquerait la création d’une nouvelle entité politique, rassemblant plusieurs composantes — à l’image d’un « Nouveau Front populaire » à l’échelle poitevine.
La question du programme est également abordée. Si le travail mené par Poitiers Collectif est reconnu, sa densité est jugée difficile à s’approprier. À l’inverse, les 27 propositions de Poitiers Populaire sont présentées comme un possible socle de discussion.
Les échanges montrent qu’il n’existe pas de désaccords de fond majeurs, mais plutôt des visions différentes sur certains sujets structurants :
- les transports (gratuité totale, partielle ou non),
- l’économie locale (tourisme d’affaires, centres d’appels dans les quartiers),
- ou encore la démocratie, avec la question centrale des moyens concrets à se donner pour garantir une participation réelle.
Pour poursuivre le travail, Léonore Moncond’huy propose un cadre en trois volets :
- la construction d’une base programmatique commune, complétée par des annexes précisant les points ajoutés, modifiés ou faisant l’objet de libertés de vote ;
- la construction d’une liste commune respectant les principes validés en plénière ;
- la mise en place d’une gouvernance de campagne partagée.
Deux groupes de travail sont proposés : l’un sur le programme, l’autre sur les candidatures, avec une échéance fixée au 18 décembre.
Des échanges qui se poursuivent
Les réponses des organisations ne tardent pas.
Place Publique souhaite continuer les discussions en bilatérale.
Poitiers Populaire valide le calendrier proposé, tout en demandant que la charte des élu·es fasse partie des négociations et qu’un groupe spécifique soit consacré aux questions de campagne : nom de la liste, visibilité des organisations, communication, mobilisation et comptes de campagne.
Le PCF partage ces demandes et insiste lui aussi sur la visibilité politique des composantes.
12 novembre : plénière publique
Afin de clarifier la suite à donner à ces échanges, une plénière est organisée le 12 novembre. Les discussions permettent d’identifier à la fois les lignes rouges — ce qui ne peut être cédé — et les lignes vertes, c’est-à-dire les points de convergence et d’évolution possibles.
L’expression majoritaire est sans ambiguïté : la volonté de rassembler les forces de gauche est forte. Mais elle s’accompagne d’un rappel tout aussi clair : Poitiers Collectif ne peut pas perdre de vue sa genèse citoyenne, ses valeurs et son fonctionnement démocratique.